Alexandre Parodi
       

       
         
         

S. Studer

      Mon Général,

Qu'il soit permis à un jeune historien français du début du XXIe siècle, de vous présenter son travail sur l'un de vos représentants pendant la guerre, Alexandre Parodi, un grand Français que vous connaissez bien et qui vous a toujours été fidèle, même si quelques différents ont pu apparaître entre vous durant les années 1960.

Je ne sais si, depuis Colombey où vous nous écrivez, vous avez accès à Internet, ce «machin révolutionnaire» qui me permet de vous joindre; mais, si ce n'est pas le cas, peut-être M. Dumontais voudra-t-il bien vous faire la commission. J'ai écrit une thèse sur l'oeuvre d'Alexandre Parodi à votre côté, et je serais très honoré si, en personne, vous vouliez bien y consacrer un peu de votre attention. Pour ce faire, je vous convie à jeter un coup d'oeil sur le site web de l'École des Chartes, dont j'ai été l'élève comme, sauf erreur de ma part, l'a été avant moi votre grand-père. Vous le trouverez au www.enc.sorbonne.fr (http://www.enc.sorbonne.fr); dès lors qu'elle s'affiche, cliquez si vous le voulez bien sur la rubrique «les thèses», puis sur «positions de thèse», enfin sur le titre de la mienne, dans la promotion 2003. Mes présentes explications vous sembleront peut-être confuses à première lecture, d'autant que je suppose que vous n'êtes guère familiarisé avec les usages du web, mais je vous assure qu'en les suivant à la lettre, vous accéderez à mon petit texte, un résumé de mon travail, avec beaucoup de facilité.

Ce n'est point par orgueil que je vous invite, mais pour vous rendre une manière d'hommage, et parce que je serais curieux et très heureux d'avoir quelques mots de commentaire de votre part -quand bien même j'ai bien conscience que je ne vous apprendrai rien!

Puisque la technologie qui est celle de mon époque me permet de vous écrire, permettez-moi de vous dire combien j'admire l'oeuvre qui est la vôtre, toutes époques confondues d'une longue vie au service de notre pays, et combien je regrette souvent, aujourd'hui, que vous ne soyez plus là pour le servir encore en des temps incertains. Ne doutez pas, cependant, qu'il y ait à mon époque beaucoup de jeunes gens comme moi pour révérer votre mémoire, et qu'il y en aura encore bien après mon temps. N'y voyez point flatterie de ma part, mais seulement l'effet de l'émotion qui m'étreint à l'idée de m'adresser à vous et me fait parler en toute sincérité.

Je vous prie d'agréer, Mon Général, l'expression de mon immense admiration et de mon profond dévouement.

S. STUDER

 

       

 

       

Charles de Gaulle

      Jeune homme,

Je vous remercie pour votre message. Je me procurerai votre thèse et m'y intéresserai. Comment, d'ailleurs, ne m'intéresserais-je pas, puisqu'on m'y invite, au travail d'un historien de l'avenir sur un contemporain? Car vous ne pouvez certes pas méconnaître pas l'intérêt sacré que je porte à l'histoire.

Vous évoquiez l'émotion qui vous étreint de pouvoir vous adresser à moi. Imaginez-vous simplement la mienne, de pouvoir connaître sur Parodi la vision historique d'un jeune et brillant homme, venu de l'avenir. C'est en pensant à vous et à ceux qui partagent votre vocation que j'ai dit et écrit, maintes fois, que ce que j'ai fait serait source d'ardeur nouvelle après que j'aurai disparu.

Je vous reviendrai avec mes commentaires, mais il vous faudra être patient. Je suis un vieil homme désormais, et tout va plus lentement.

Avec mes encouragements,

Bien sincèrement à vous,

Charles de Gaulle