Le moment présent |
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| Cher Monsieur Gandhi, Puisque vous êtes quelqu'un qui a beaucoup souffert et qui a combattu contre la violence, j'aimerais vous poser cette question. Ces temps-ci, j'entends souvent parler du moment présent. Ce moment unique dont on devrait profiter à 100%. Mais je me rends compte que la majorité du monde ne sait pas apprécier les petits moments de la vie qui font que l'on est heureux. On dirait que l'on s'en rend compte trop tard. Alors je me demandais si l'être humain était mal fait au point qu'il a besoin de souffrir pour comprendre qu'il faut profiter du moment présent, car ce moment ne reviendra pas deux fois. Merci à l'avance. Geneviève |
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| Chère Geneviève, Vous avez parfaitement raison: le bonheur passe par la capacité à profiter de l'instant présent, être ici et maintenant. Le désir est à la base de la souffrance qui est la première source de violence. Le désir se situe dans le futur quand nous courons après la réussite ou un bien matériel. Il se situe dans le passé quand nous n'acceptons pas d'intégrer les expériences que nous avons vécues. Enfin il peut se situer dans le présent quand nous laissons les stimuli externes nous attirer telles des lampes un papillon de nuit. S'affranchir du désir, c'est accepter le monde tel qu'il est, c'est accepter que les moyens sont aussi importants que la fin, c'est accepter les expériences comme un don de Dieu. C'est tout simplement suivre la voie de la non-violence active qui est le refus de toute forme de violence. Heureusement pour le futur de l'humanité, l'être humain n'a pas de nature figée. Il est intention et dépassement. C'est pourquoi j'aimerais partager avec vous la grande confiance qui m'anime en sa capacité de dépasser la souffrance et de prendre conscience qu'aimer le moment présent est une grande étape sur la voie du bonheur. Votre humble serviteur. M. K. Gandhi |
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| Cher Monsieur Gandhi, Je vous avais écrit il y a quelque temps au sujet du moment présent. Dans votre réponse, vous m'aviez écrit: «Le désir est à la base de la souffrance qui est la première source de violence.» Donc, par cette phrase, on peut dire que le désir cause la violence; mais ne croyez-vous pas que de nos jours, ce sont plutôt les préjugés qui sont à la base de la violence? Car l'être humain n'accepte pas les différences. Par exemple, il y a les conflits sur les croyances religieuses, il y a le racisme, etc. De plus, vous m'avez mentionné que «S'affranchir du désir c'est accepter le monde tel qu'il est.» Je crois que vous avez raison de dire que le désir nous apporte vers l'avenir et qu'il nous fait oublier le moment présent, mais il est tout de même essentiel pour faire avancer le monde. Cette phrase que vous m'avez écrite signifie-t-elle de baisser les bras, de laisser les injustices grandir sans tenter d'améliorer les choses? Je crois que si l'on ne désire plus, on n'avance plus dans la vie. Le monde resterait toujours au même niveau, on évoluerait plus en tant que société, ni en tant que personne. Cela me surprend un peu de votre part, car vous avez consacré la grande majorité de votre vie à militer contre l'injustice pour faire évoluer ce monde. J'attends votre réponse avec impatience et je vous remercie d'avoir répondu à ma première question. Geneviève |