davidderrier@tele2.fr
écrit à

   


Mohandas Gandhi

     
   

La violence et les hommes, Jean-Jacques Rousseau

    Bonjour noble pacifiste!

J'aimerais connaître votre point de vue sur les théories de Jean-Jacques Rousseau (écrivain et philosophe français).

Il affirme que l'homme est naturellement bon, et que c'est la société qui le transforme parfois en monstre cruel.

Soutenez-vous sa thèse ou pensez-vous au contraire que l'homme naît mauvais, et que c'est la société qui le civilise et qui lui apprend à contrôler ses émotions, maîtriser ses pulsions?

Amicalement,

David

Cher David,

Tout d'abord je vous prie de m'excuser pour le délai de ma réponse.

Je ne soutiens ni l'une, ni l'autre de ces thèses.

Je pense que la nature de l'être humain est le changement. C'est son intentionnalité qui le définit le mieux et aussi son historicité. Alors que l'animal reste toujours le même animal qu'aux premiers jours (à quelques modifications mécaniques, non intentionnelles, près), l'être humain évolue sans cesse et les pères de ses pères se perpétuent en lui.

L'être humain n'est ni bon, ni mauvais en soi. Qui peut d'ailleurs définir ce qui est bon ou mauvais quand les morales évoluent avec les dates et les pouvoirs en places? Mais l'être humain a le pouvoir de transcender sa nature par son intention. Il a le pouvoir d'aller vers la non-violence et la cohérence interne et d'influencer son milieu immédiat dans cette direction. C'est pourquoi il est important que chacun se positionne et s'éduque vers la non-violence.

La société a, bien sûr, son influence. Mais la société n'est que le reflet de l'intention des êtres humains qui la composent. Il semble que la violence soit encore une chose communément admise dans la société actuelle, ce qui influe sur les êtres humains en leur montrant un modèle qui n'est pas le bon modèle de société. Mais je ne dirais pas pour autant que la société le transforme en monstre cruel.

En espérant que ces quelques éléments apportent une réponse cohérente à vos interrogations.

Votre humble serviteur,

M. K. Gandhi