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frania.caspari@skynet.be |
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La non-violence dans le cadre du génocide juif |
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| Cher monsieur Gandhi. J'ai lu avec beaucoup d'intérêt vos échanges à propos de l'application de la non-violence dans le cadre du génocide juif. Évidemment, on peut considérer que les nazis ont, d'une certaine façon, perdu la face devant la réaction non-violente que la grande majorité des juifs leur ont opposée. Mais qu'auraient-ils pu faire d'autre? Ils n'étaient pas prêts à réagir à la violence qui leur était faite. Mais dans le cas du ghetto de Varsovie, quelle est votre réaction? Je pense qu'il y a des limites à ne pas laisser franchir. Il est pourtant vrai qu'à partir de là, le peuple juif a été aspiré par la spirale de la violence. C'était cela ou passer pour lâches aux yeux du reste de l'humanité. Effectivement, comment en sortir? L'Inde a trouvé son indépendance face aux britanniques, mais se trouve actuellement prise dans une course aux armements face au Pakistan. Croyez-vous vraiment qu'il y ait moyen de briser ce cercle infernal? Croyez-vous vraiment que cela soit possible dans un monde où certains ont des intérêts à dresser les peuples les uns contre les autres? Avec tout mon respect. Frania. Chère Frania, La première chose qui me vient à l'esprit en évoquant ce triste épisode de l'histoire, c'est d'invoquer la paix pour les personnes qui ont péri, leurs proches et toute l'humanité. La doctrine de la non-violence demande de ne pas résister mais elle n'est pas quelque chose qui peut s'acquérir du jour au lendemain. Je comprends votre vision qui reconnaît à des êtres humains le droit d'exercer de la violence pour se défendre d'un plus grand mal mais cela n'est pas la doctrine de la non-violence. Vous justifiez une violence par une (supposée) plus grande violence ce qui est contraire de la véritable non-violence. Par contre, je ne peux pas être d'accord avec votre phrase qui dit «c'était cela ou passer pour des lâches aux yeux du reste de l'humanité». La non-violence est un bien plus grand courage que la réponse violente à une situation. Et même si j'admets, comme vous, qu'une bonne partie de l'humanité ne le voit pas ainsi, ce n'est pas pour cela qu'elle devient fausse. En effet, «L'erreur ne devient pas vérité parce qu'elle se propage et se multiplie; la vérité ne devient pas erreur parce que nul ne la voit.» Je suis sûr qu'il y a moyen de sortir de ce cercle infernal, comme vous l'appelez. Il est d'ailleurs simple. Il suffit que toutes les personnes de bonne volonté prennent la décision interne de refuser d'accepter la violence comme une solution à quelque problème que ce soit. Quelle que soit la forme de violence, tant physique qu'économique, religieuse que sexuelle ou raciale... Ainsi même et malgré les gens qui, en effet, ont intérêt à dresser les peuples les uns contre les autres, la non-violence deviendra une réalité. Car il est certain que ces gens, ces gouvernements, ces entités de pouvoir ont besoin de l'accord tacite des gouvernés qui, en leur refusant leur coopération, les transformeraient en coquilles vides et laisseraient la place à une nouvelle forme d'organisation sociale participative. Je vous remercie pour votre message et j'espère avoir répondu à vos questions. Votre humble serviteur, M. K. Gandhi |
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