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Gerard.Lison@RVPONP.FGOV.BE |
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Colonie germanique! |
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| Cher Monsieur Gandhi, Je vous écris pour que vous m'apportiez une réponse à ce que me disait toujours notre professeur d'Histoire: «Si l'Inde avait été une colonie germanique, Gandhi aurait terminé sa carrière (transformé par les Nazis) en abat-jour!» Ne pensez-vous pas avoir tout simplement exploité la jobardise et la bonté foncière des Britanniques pour les spolier de leur colonie indienne? La violence et la barbarie absolue et sans scrupule des Nazis n'aurait-elle pas, s’ils avaient vaincu, pu rendre caduque votre assez puérile idéologie de non-violence? La non-violence ne fonctionne que face à des êtres civilisés comme les Anglais, pas face à des PRÉDATEURS comme les Nazis. Du reste, je suis surpris qu'un homme qui a sacrifié, me semble-t-il, son fils à la guerre et qui a participé à la guerre des Boers et qui est pour les fabriques d'armements, puisse être un vrai partisan de la non-violence. Je pense qu'il ne s'agissait que d'une stratégie qui a marché face à des colons qui se sentaient coupables et dans le cadre très particulier de la décolonisation. Cher Monsieur, Que voilà une façon pour le moins particulière de présenter l'histoire! Je ne suis pas en mesure de comprendre pleinement les allusions au peuple allemand que vous exprimez mais je peux vous affirmer que rien ni personne ne saurait résister à la méthodologie de la non-violence active. Vous exprimez malheureusement une opinion qui n'est pas isolée et qui se méprend complètement sur le sens de la méthodologie de la non-violence et de son efficacité. On ne peut pas résiter à la méthodologie de la non-violence dans la mesure où ses acteurs sont résolus dans leur action. D'autre part, vous ne pouvez condamner la méthodologie de la non-violence au vu de la faiblesse possible de ses acteurs dans le passé ou le présent. La non-violence est une direction de vie où l'on va en se fortifiant. Je pense que les exemples de non-violence ne manquent pas et ne manqueront pas pour vous permettre de voir la vie sous un regard différent. Je me permettrai juste de vous rappeler l'un des principes de base de l'action non-violente: «Traiter les autres comme on aimerait être traité» Votre humble serviteur, M. K. Gandhi Cher Monsieur Gandhi, Avez-vous entendu parler des Nazis et de l'Holocauste et de ce qui s'est passé dans les camps de concentration et d'extermination nazis? Si vous ne le savez pas, je vous invite à vous informer. La non-violence ne peut aucunement fonctionner face à un individu déterminé à détruire. Si je veux tuer mon voisin et que celui-ci organise un «sit-in» pour protester contre son assassinat, croyez-vous vraiment que le fait de le voir assis va m'empêcher de le tuer? Si des Juifs avaient manifesté «Nous sommes tous des Juifs allemands» dans les rues de Berlin en 1942, croyez-vous que les SS auraient hésité à les rafler pour les parquer dans des wagons à bestiaux à destination d'Auschwitz? Si l'Inde avait été une colonie germanique qu'auraient fait Hitler face à vous? Sérieusement? Vous ne devinez pas? Les Britanniques étaient, heureusement pour vous, moins inhumains que les nazis. Amicalement, G Lison Cher Monsieur Lison, Je comprends très bien le point que vous soulevez et je n'en demeure pas moins parfaitement opposé. Concernant cette partie de l'histoire que vous soulevez, sachez que j'ai déjà exprimé ma sympathie pour les victimes du Fascisme et du Nazisme. Cependant, encore une fois, je me permets de répéter que la méthodologie de la non-violence active ne saurait échouer si ses partisans sont parfaitement résolus dans leur action: «de même que celui qui croit en la violence doit être prêt à donner la mort, celui qui croit en la non-violence doit être prêt à donner sa vie.» Je maintiens ce que j'ai expliqué précédemment sur un sujet similaire: «une Abyssinie non violente n'a pas besoin d'armes ni du secours de la Société des Nations; si tous les Abyssiniens, hommes, femmes, enfants refusaient la coopération, de gré ou de force, avec les Italiens, l'agresseur devait marcher sur les corps morts de ses victimes et occuper le pays sans son peuple.» Seriez-vous prêt à tuer votre voisin s'il était assis sans bouger devant sa porte? Ne croyez-vous pas que vous y perdriez le sens de votre vie? Pour finir, je voudrais vous signaler que ma mort importe peu si tant que je reste en vie, je fais grandir la non-violence active en moi et dans le monde. Votre humble serviteur, M. K. Gandhi Cher Monsieur Gandhi, Les seuls vrais gagnants sont ceux qui vivent. Les morts sont rapidement oubliés et l'objet de leur sacrifice devient vite obsolète. Si les Nazis avaient réussi à vaincre, ils auraient fait disparaître les preuves de l'Holocauste, puis la génération qui a commis le crime aurait fini par s'éteindre et la nouvelle génération d'Allemands aurait continué à nier jusqu'à ce que s'éteigne le souvenir des atrocités; point final. Regardez donc le négationnisme des Turcs concernant le génocide arménien. Regardez l'indifférence des grandes religions vis-à-vis des crimes commis dans le passé en leurs noms et notre indifférence face à nos propres répressions contre les collabos réels ou supposés des nazis à la Libération. La mémoire humaine enterre vite les choses désagréables. Il faut rester en vie ne serait-ce que pour témoigner, et pour rester en vie il faut se battre, et se battre, c'est faire usage de la violence. Si demain, je venais à vouloir tuer mon voisin, je me ficherais bien de ce qu'il pense ou de ce qu'il est ou ce qu'il fait: je le tue et je me débarrasse du corps et si j'ai assez de chance pour échapper à la justice, croyez que je dormirais tranquille. Quand un chat tue une souris, en a-t-il des scrupules ou se soucie-t-il de la non-violence de celle-ci? Non, il la croque et passe à autre chose. Quand j'étais enfant, j'étais racketté par le caïd de la classe; eh bien je fus bien obligé un jour de me castagner contre lui pour que ça cesse. Si je ne m'étais pas battu, ce racket aurait continué indéfiniment. Quand j'ai commencé à travailler, une de mes collègues de travail était victime de harcèlement sexuel, eh bien j'ai cassé la figure du (censuré) qui la harcelait et il finit à la porte. Si je n'avais rien fait , elle se serait probablement suicidée et il s'en serait pris à une autre. Aux USA , il existe une catégorie de criminels appelée «serial killer» qui assassinent en quantité industrielle des innocents et n'en éprouvent aucun scrupule. Je répète donc que la non-violence est selon moi la porte ouverte à la loi du plus fort dénué de scrupules et que face à un PRÉDATEUR, la violence est la seule solution. Que se passerait-il si on remettait en liberté tous ces voyous qui croupissent en prison? Amicalement, G Lison Cher Monsieur Lison, Vous croyez en la violence comme moi je crois en la non-violence. Je ne peux qu'espérer que ma façon de voir le monde l'emportera sur la vôtre pour le plus grand bien de l'humanité. Votre humble serviteur, M. K. Gandhi Cher Monsieur Gandhi, Je crois en ce que César Borgia disait: «La Fin vaut les Moyens». Si je peux obtenir par des méthodes pacifiques, la paix et l'amitié et l'harmonie etc..., alors je choisis cette méthode mais si mon adversaire est un partisan de la force alors je recours à la dissuasion. C'est la violence ou plutôt une forme de violence qu'est la dissuasion nucléaire qui a préservé l'Europe pendant 50 ans de la guerre et c'est depuis la chute du Mur de Berlin et la fin de cette période, que des guerres comme celle de l'ex-Yougoslavie endeuillent le Monde. Si la non-violence consiste à se laisser conduire aux fours crématoires comme des moutons à l'abattoir, alors ce n'est pas la non-violence qui sauvera le monde mais mènera le genre humain à son extermination invisible. Si un arbre tombe au milieu d'une forêt , peut-on être sûr qu'un arbre est bien tombé? Si on avait laissé les Nazis exterminer les Juifs, les Turc exterminer les Arméniens, le KKK exterminer les Noirs, les Russes exterminer les Polonais, les Français exterminer les Algériens et ainsi de suite sans faire autre chose que des sittings, eh bien au XXIème siècle, il resterait quoi sur Terre? Un gigantesque charnier et dessus quelques psychopathes rigolards? La légitime défense sauve des vies, c'est l'inertie qui tue car ceux qui ne font rien et regardent, encouragent par leur passivité le sadisme des bourreaux. C'est parce que la communauté internationale n'a pas dépêché des casques bleus pour intervenir que le génocide rwandais a eu lieu, et c'est parce que personne ne s'interpose que 95% des pays actuellement vivent sous des régimes autoritaires (comme au Tibet par exemple). La Démocratie et la Liberté, ça se défend contre les Nazis, les Communistes, les Talibans, et tous les Intégristes religieux ou politiques qui menacent la Civilisation. La Civilisation DOIT se défendre de la barbarie et ce, même par la violence sinon, il y a encore plus de violence. Ce n'est pas un choix, mais une question de survie. Amicalement, G.Lison Cher Monsieur Lison, Je vois bien que vous croyez en cette devise qui est parfaitement à l'opposé de la non-violence active. Je comprends que rien de ce que je pourrais dire ne vous fera voir que la violence ne peut qu'engendrer la violence en retour et que c'est justement parce que des gens comme vous continuent de croire en la violence que le genre humain risque son extermination. La non-violence commence dans les relations de tous les jours avec votre famille, vos amis, vos collègues de travail pas seulement la violence physique sur laquelle vous vous focalisez mais aussi la violence morale, religieuse, spirituelle, économique, raciale, etc. Je vous souhaite de tout coeur de ne jamais avoir à souffrir les affres de l'action désintégratrice dont vous parlez car vous ne semblez pas avoir conscience de ce qu'elle implique. Et je vous répète que la survie de l'espèce humaine, c'est la non-violence qui seule peut rompre la spirale de la violence. Quel dommage que tant de gens soient encore comme vous dans l'âge de la préhistoire humaine, l'âge de la violence. Votre humble serviteur, M. K. Gandhi Cher Monsieur Gandhi, Je suis partisan de la non-violence à l'égard des gens honnêtes et bons que j'ai dans mon entourage et pour lesquels je suis prêt à défendre les intérêts mais si être non violent c'est laisser les barbares égorger des innocents sans réagir dans l'espoir qu'un jour ou l'autre peut-être bien qu'ils en auront des remords, alors ne comptez que sur vous pour faire semblant de croire en l'idéologie que vous prônez. Nous vivons tous dans un monde régi par le rapport de force: du petit voyou qui rackette ses camarades de classe à des dictateurs génocidaires, c'est le plus fort qui impose Sa loi. Si les faibles veulent vivre paisiblement, ils doivent disposer des moyens de dissuasion pour contraindre les brutes à se tenir tranquille. En outre, je n'ignore pas cette fascination pour le mal que les intellectuels éprouvent, regardez donc comment toute l'élite intellectuelle mondiale encensa Staline et son régime totalitaire au lendemain de la deuxième guerre mondiale. Il est certain que certains individus aiment les régimes forts et feraient n'importe quelle sottise pour justifier ou encenser le Mal. La non-violence encourage les violents car elle s'interprète comme un témoignage de faiblesse et de lâcheté par l'agresseur qui en tire la conclusion que sa victime sans réaction de défense et de survie est une créature décadente méritant son élimination. Les Juifs ne se sont pas défendus contre les Nazis et les Nazis en ont trouvé prétexte pour justifier leur extermination et par la suite les intellectuels révisionnistes en ont trouvé le prétexte de nier l'existence même de l'Holocauste. La non-violence a réussi en Inde car les Britanniques n'avaient, heureusement, pas comme idéologie celle de déporter et d'exterminer tous les «sous-hommes» et que les atrocités nazies avaient aiguillonné leurs valeurs humaines. Vous avez eu de la chance, beaucoup de chance, j'espère qu'elle ne vous abandonnera pas. Amicalement, G Lison Cher Monsieur Lison, Je ne pense pas avoir réussi à vous faire partager ma vision de la non-violence. J'aimerais juste vous proposer de lire l'échange «Les Amérindiens», qui pourrait vous apporter d'autres éléments sur ma façon de concevoir la non-violencee. En dernier lieu, j'aimerais avoir la chance de faire partie des gens honnêtes de votre entourage pour que vous me traitiez avec non-violencee en me laissant conclure cet échange. Votre humble serviteur, M. K. Gandhi |
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