caroline.gaillard+ville-nice.fr
écrit à

   


Mohandas Gandhi

     
   

Autodestruction (2)

    Je recommence des études supérieures et je suis pétrie d'angoisse en pensant que de toute façon, cela ne sert à rien et que je n'y arriverai jamais.

Comment changer d'état d'esprit et éviter de me polluer l'esprit et de tout gâcher?


Chère Caroline,

Je vous remercie pour cette question car la non-violence en effet commence par apprendre à bien se traiter soi-même et à traiter les autres comme l'on voudrait être traité.

La conscience de l'être humain fonctionne avec trois modes qui sont le passé par le souvenir, le présent par la sensation et le futur par l'imagination. Ces trois modes qui sont nécessaires peuvent se transformer en trois voies de la souffrance lorsque nous nous souvenons des choses qui ont fait mal, lorsque nous percevons négativement ce qui nous arrive ou bien lorsque nous imaginons que tout va mal se passer.

Ces trois modes de fonctionnement sont des compensations mécaniques qui ne tiennent pas compte de l'intentionnalité de l'être humain, de sa capacité à se changer lui-même. Ce sont trois formes de violence que l'on commence par s'appliquer à soi-même, puis qui viennent envenimer les échanges avec les autres et produisent de la violence dans le monde.

Pour dépasser cette souffrance, il faut intégrer son passé, c'est-à-dire pleinement accepter les expériences vécues pour obtenir la paix; il faut avoir référence dans le présent, c'est à dire ne pas être le jouet des modes mais savoir sa direction pour avoir de la force; il faut avoir foi dans le futur, être optimiste pour obtenir la joie.

Pour avancer sur ce chemin de la non-violence, il faut avancer vers la cohérence c'est à dire penser, sentir et agir dans la même direction. Lorsque l'on répète ces actes d'unité intérieure, on avance vers la cohérence et l'on devient une force de la nature que rien ne peut arrêter. Une force de la non-violence sans besoin de vengeance envers son passé, sans besoin d'affirmation péremptoire dans le présent, sans besoin de protection inutile pour le futur.

Je ressens que vous avez déjà fait le pas le plus important: vous rendre compte que cette angoisse est inutile et vous fait souffrir. Je voudrais vous donner un dernier conseil d'action non violente: «Tu feras disparaître tes conflits lorsque tu les comprendras jusque dans leur ultime racine et non pas lorsque tu voudras les résoudre».

Votre humble serviteur,
M. K. Gandhi