Sabrina
écrit à

   


Sigmund Freud

     
   

Sigmund et les femmes

    Dites moi, Sigmund, qu'en est-il de vos rapports aux femmes? vos écrits sont quelques peu «déroutants» pour les féministes d'aujourd'hui...



Chère Sabrina,

Votre question ne me surprend pas du tout, je l'attendais un jour ou l'autre. Mais je ne m'y étais pas préparé pour autant. A vrai dire, je serais presque d'accord avec ces fameuses féministes de votre époque.

Laissez-moi, pourtant, m'expliquer et vous faire comprendre ce qui a pu créer un doute auprès des femmes à mon égard.

Lorsque j'ai réellement commencé mes théories psychanalytiques, c'était en me tournant sur l'hystérie. Maladie que nous avions attribuée assez injustement à la femme. L'hystérie se rapportant à l'utérus étymologiquement. Mais j'ai constaté qu'il n'en était rien et que les hommes pouvaient en souffrir tout autant. A partir de là, ma place auprès de la gent féminine a été grandement acceptée et mes patients furent surtout des femmes. En poursuivant mes théories et la conception de ce qui est aujourd'hui la psychanalyse, je découvris le mal dont était affligée la femme depuis la nuit des temps. Le complexe de castration, par exemple, m'éclaira énormément sur la différence des sexes dans la société. Je compris très rapidement pourquoi les femmes étaient placées comme inférieures par rapport à l'homme. Tout était une question de possession sexuelle. Dans la tendre enfance, lorsque les petits découvrent la différenciation des sexes, ils se rendent très vite compte que le garçon possède un pénis, organe extérieur et dominant et que la fille n'en a pas. Leur réaction se fait comme si celle-ci l'avait perdu et n'avait ainsi plus sa dominance. Bien entendu, chaque personne ayant vécu ce moment ne se le remémorera sûrement pas, cela fait partie des traumatismes légers de l'enfance. Tout ce qui se situe avant l'âge de six ans entre dans une spirale d'amnésie et l'on ne se souvient plus que d'instants, comme des photos et non de réels grands souvenirs concrets.

Lorsque je publiai cette théorie, les femmes ne comprirent pas tout de suite et j'eus très vite des remarques désobligeantes sur la psychanalyse. Je suppose que l'évolution n'a pas adouci la pensée de la femme et que celle-ci n'accepte toujours pas mes théories. C'est cette découverte qui a démarré la haine féministe par rapport à mes théories, car il y a bien entendu, d'autres complexes et stades de la vie qui font que la femme a cette fameuse seconde place dans notre société.

Je ne saurais savoir réellement comment se comporte la femme à votre époque, mais je ne serais pas effaré de voir que les féministes ont tenté de révolutionner leur place par rapport à celle de l'homme. Je penserais même pour un avenir où la femme aurait plus de droits. Mais bien entendu, nous en sommes loin à l'heure où je vous écris.

En espérant ne pas vous avoir choquez et que vous puissiez comprendre que ce n'est pas contre la femme que je pourrais en avoir, mais je suis bel et bien à la recherche de la vérité concernant l'humanité tout entière et son ressentiment.

Cordialement.

S. Freud