Natacha
écrit à

   


Sigmund Freud

     
   

Question sur les Cunnilingus

   

Bonjour Monsieur Freud,

Je me permets une nouvelle fois de vous écrire, j'ai déjà eu l'honneur d'avoir votre avis sur mes cheveux blonds où vous avez pu m'assurer que je n'étais pas pour autant plus bête qu'une autre.

J'ai eu le temps de mûrir mes réflexions, et, supportée par quelques personnes, j'ose vous demander votre avis sur un autre sujet.

En effet, non seulement je me suis retrouvée affublée du gène de la blondeur, mais aussi de celui de la cunniphobie…

Vous me direz que pour la plupart des filles, cela ne présente pas de problème, mais il s'avère que j'ai aussi hérité de celui de l'homosexualité, enfin sous l'hypothèse de son existence… Hypothèse que vous approuvez? ou rejetez?

Ainsi, j'aimerais savoir ce que je peux faire pour dépasser cette phobie, si l'allèle est dominant ou récessif (et dans ce cas si je peux le transmettre à de potentiels enfants) et si cette peur fait de moi une fausse lesbienne?

Je vous remercie à l'avance de l'aide que vous pouvez m'apporter.

Natacha la blonde.


Chère Natacha,

Vos questionnements m'effarent quelque peu. J'aimerais que vous sachiez que tout ne se transmet pas par gènes et encore moins les phobies! L'homosexualité, bien entendu, ne se transmet pas non plus.

J'aimerais que vous réfléchissiez avant de me poser toutes sortes de questions sur vous-même. Ce sont des questions auxquelles vous pouvez répondre sans aide extérieure et cela prouvera votre intelligence, puisque vous semblez en douter.

Une cunniphobe n'existe pas. Le terme du moins. Étymologiquement, cela signifierait que vous êtes apeurée par l'antre de la femme. Pour une lesbienne, c'est assez improbable, mais pas impossible. Mais d'après vos explications, vous me faites comprendre que c'est l'acte du cunnilingus qui vous répugne. Sachez que vous n'êtes pas la première, ni la dernière. Autant la fellation gêne certaines femmes hétérosexuelles, il n'est pas rare de voir toute forme de craintes sexuelles.

La communication est le meilleur remède. Osez en parler avec votre partenaire et le problème se résoudra par lui-même.

J'aimerais, si cela ne vous gêne pas, connaître votre âge. Car il est fréquent de constater que les doutes concernant la sexualité apparaissent durant l'adolescence et cette peur de l'acte du cunnilingus est peut-être due à vos préférences sexuelles réelles.

Mais je vous rassure tout de suite: tout ce qui fait partie des goûts, des préférences et des choix ne se transmet aucunement par les gènes. Peut-être dans l'éducation, mais les risques sont minimes pour la vie de vos enfants, surtout si vous êtes homosexuelle. Car je vous rappelle qu'il est impossible d'avoir des enfants avec une personne du même sexe.

En espérant avoir éclairé votre âme contrariée.
Sigmund Freud