Sabrina
écrit à

   


Sigmund Freud

     
   

Psychologue?

    Vous êtes un psychologue?

Sabrina



Chère Sabrina,

C'est une question peu commune que vous me posez là, mais tout de même intéressante et digne d'une réponse.

Je n'ai pas toujours été psychothérapeute et encore moins psychologue. Comme d'autres neurologues, je fus habitué à m'en référer aux diagnostics locaux. Je suis un homme de laboratoire et ce qu'il y a d'intéressant dans mon métier, c'est que je peux communiquer avec mes recherches.

Et c'est pourquoi, je m'étonne moi-même de constater que mes observations de malades se lisent comme des romans et qu'elles ne portent pour ainsi dire pas ce cachet sérieux, propre aux écrits des savants. Je m'en console en me disant que cet état de choses est évidemment attribuable à la nature même du sujet traité et non à mon choix personnel.

Mais pour être plus clair, je vous avouerai que je me considère comme étant psychanalyste et non pas comme étant psychologue.

Ma vie n'a d'intérêt que dans son lien à la psychanalyse.

En espérant avoir répondu à votre question.

S. Freud




Merci beaucoup pour votre réponse. Mais je ne m'y connais pas beaucoup en psychanalyse, pourriez-vous donc m'expliquer en quoi cela consiste?

Merci d'avance

Sabrina



Chère Sabrina,

Il faut tout d'abord que vous sachiez que je ne pourrais résumer ma théorie, qu'est la psychanalyse, en une simple lettre car ce serait résumer ma vie et je puis vous assurer qu'elle s'étale en une très longue histoire. D'ailleurs, au début de mes écrits théoriques, j'avais fait part d'une réflexion à ma femme. Puisque je brûlais constamment mes premières idées pour les renouveler, je me disais que mes biographes auraient beaucoup de difficulté.

J'espère que vous me comprenez. Mais je ne vais pas pour autant vous laisser dans le désarroi total.

Pour résumer en quelques lignes la psychanalyse, je dirais que c'est une manière de guérir les gens par la parole. Mes patients me parlent de leur quotidien et avec eux, j'essaye de découvrir le point qui a fait qu'un trouble s'est glissé dans leur vie. Toute chose qui se serait refoulée dans leur inconscient. Mais puisque vous semblez ne rien savoir de la psychanalyse, je ne vais point commencer avec des termes incompréhensibles. Je vous conseillerai donc de vous renseigner sur certains points, sur certains mots avant de commencer à vous intéresser à la psychanalyse. Car effectivement, il est difficile de se plonger directement dans cette doctrine sans en avoir été préparé. Mais je parle de cela en mon époque, je me doute que depuis toutes ces années, la psychanalyse a dû entrer dans le vocabulaire courant, puisque ce fut la même chose des autres sciences.

Voici donc les termes sur lesquels il serait intéressant de se pencher avant de débuter la lecture de l'un de mes ouvrages psychanalytiques. L'inconscient, le refoulement, la psyché, les rêves. Le dernier point détient une signification différente pour toute culture et il serait intéressant d'en voir les différences avant d'apercevoir ma propre conception.

En espérant ne pas vous désespérer. J'espère encore une fois que vous comprendrez ma réserve sur l'explication de toute une vie.

Bien à vous.

S. Freud



Je vous remercie beaucoup pour votre réponse, et vois effectivement un peu plus ce qu'est que la psychanalyse. Je voudrais savoir, quel était le problème de la dernière personne que vous avez essayé de «guérir par la parole», à moins que vous soyez tenu au secret professionnel.

Merci à l'avance

Sabrina



Chère Sabrina,

Le secret professionnel, il est vrai doit être gardé, mais je suppose qu'au moment où vous me parlez, les personnes que j'aurai aidées ne seront déjà plus là et puis de toute façon, je ne compte pas vous divulguer les noms.

Je peux vous dire que le dernier sujet que j'ai traité était Adolf Hitler dans une lettre à l'intention d'une femme comme vous qui profite de ce très cher Dumontais pour me faire parvenir son courrier. Je vous propose de demander à Sinclair Dumontais.

Mais pour ce qui est de la dernière personne que j'ai aidée, dirons-nous, par la parole, il s'agit de la princesse Marie Bonaparte qui est une disciple de la psychanalyse et qui me demande encore quelques fois conseil. Ce sont plus des discussions plutôt que des analyses à vrai dire. Effectivement, cela fait quelque temps que je n'ai plus réellement pratiqué.

Mon age me retient de pouvoir me consacrer encore entièrement à des patients et je préfère conserver ma raison pour terminer mes derniers ouvrages concernant Moïse et le monothéisme.

Bien à vous,

S. Freud



Merci beaucoup pour votre réponse

Au plaisir de vous réécrire

Sabrina