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Bonjour Monsieur Freud.
Je m'appelle Zoé, j'ai 19 ans et ça fait longtemps que je me posais
cette question: «Pourquoi ne suis-je pas une fille si je me sens être
une fille?»
Le monde est cruel. On me juge et on me déclare homo ou travesti,
pourquoi ne pourrais-je pas être une fille comme les autres? À présent
que j'ai la force de crier, je le dis: je veux être moi sans avoir
honte!
Juste une fille... car je le sens au plus profond de mon coeur. Ce que
je ressens n'a rien à voir avec le sexe ou un truc pervers.
Cher(e) Zoé,
J'espère que vous me pardonnerez cette longue absence, mais ma santé
n'était pas des meilleures ces derniers temps.
Sachez tout d'abord que vous n'êtes pas le seul à vous poser ce genre de
question. Et je comprends que c'est à présent que votre esprit hurle son
désarroi puisque votre corps, lui, hurle sa liberté. Si vous pensez être
une fille, très bien, soyez-en une. Mais comme vous le dites, les autres
personnes vous jugent et il est tout à fait normal que le monde qui vous
entoure se questionne sur vous, puisqu'il y a toujours un désir de
normalité dans les sociétés.
Je pourrais vous expliquer ce qu'est l'homosexualité, mais je suppose
que ce n'est pas cela que vous voulez entendre. Je vous propose de ne
pas montrer vos désirs, de ne pas révéler au monde que vous rêvez d'être
une fille. Tentez tout d'abord d'en connaître la raison et puis, petit à
petit profitez des bonnes occasions pour vous épanouir. Ne songez pas à
ce malaise que votre envie pourrait susciter, sinon vous ne ferez
qu'empirer la situation et vous créerez une rébellion au risque de vous
perdre.
Osez en parler à des proches qui ne pensent pas comme vous mais qui ont
tout de même une certaine ouverture d'esprit. L'avis de personnes ayant
de l'expérience peut souvent remettre sur la bonne voie.
J'espère que vous ne souffrez pas trop de vos désirs et que ma lettre
vous a quelque peu réconfortée.
Bien à vous.
Sigm. Freud |