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Cher Freud,
Comme le dit Sinclair Dumontais dans son message sous le titre de «Jung»,
vous devez être très occupé par vos travaux.
Je vous admire énormément pour tous vos travaux et je
me passionne pour vos théories psychanalytiques, notamment sur
les psychopathologies de la vie quotidienne. Je voudrais donc vous poser
une question à ce propos. Que pensez-vous des gens qui utilisent
Internet pour parler à des personnalités bel et bien mortes,
parfois depuis plusieurs siècles, ou à des personnages
mythiques tels que Dieu, Satan ou la pythie? Pensez-vous que ces gens
ont peur de leur sexualité? Pensez-vous que c'est un cas de pure
débilité comme il a été observé dans
le cadre du cas Leonne? C'est un phénomène très
courant, de nombreuses personnes conversent avec Claude François
ou Goldorak en toute impunité... Faut-il s'inquiéter de
ces gens?
Je vous remercie pour votre future réponse.
Plectrude
Chère Plectrude,
Votre question ressemble vaguement à une panique, c'est assez étrange.
Mais avant de vous répondre, j'aimerais m'excuser pour ce retard de
correspondance, du moins j'aimerais excuser ma maladie à cause de quoi, je
n'ai su vous répondre.
Le fait de discuter avec des morts comme vous dites n'est pas nouveau, de
quelque manière ce soit. Mais je pense que les personnes y cherchent
quelque chose de divin, d'infini. La plupart du temps, on serait tenté
d'idolâtrer une personne simplement parce qu'elle est morte. Un défunt est
plus proche du surnaturel et donc d'un quelconque monde mystérieux
au-dessus de nous. Il y a sûrement une recherche de lien par cette prise
de contact.
Et puis, de tout temps, l'homme a toujours préféré se référer à un nom
plutôt qu'à un proche. D'après vous, qui croirons-nous plus facilement
même si le discours était le même, un livre ou un ami? Le simple fait
qu'une idée soit écrite la rend plus profonde. Alors, entre les écrits
d'un inconnu décédé et la parole d'un proche connu, qui serions-nous tenté
de croire?
Lorsque vous parlez de la communication avec les morts, j'espère que vous
ne faites point allusion à ma personne. Je puis vous assurer que je suis
bel et bien vivant. Même si je n'ai aucune preuve qui me suit, la douleur
constante qui hante ma mâchoire pourrait témoigner de mon existence.
Bien à vous.
Prof. Dr. Sigm Freud |