Sebastien Fernandez
écrit à

   


Sigmund Freud

     
   

Loisirs

   

Bonjour,

Je suis enchanté de faire votre connaissance, étant moi-même psychologue.

Je voudrais savoir quels étaient vos passe-temps, loisirs favoris? Votre travail devait vous prendre tout votre temps.

Meilleures salutations


Cher Sébastien,

Quel plaisir de recevoir du courrier d'un collègue par-delà les époques. J'espère que votre profession vous plait autant qu'elle embellit ma vie.

La question que vous me posez me surprend de la part d'un collègue, mais je n'en suis pas moins flatté que vous accordiez de l'importance à ma propre vie. Je vous en remercie grandement.

Lorsque j'invoque le sujet de loisir, le plus souvent, je cite Rome, la ville que je préfère visiter, dans ce si beau pays qu'est l'Italie. Quel plaisir de retomber en enfance et de découvrir les beautés de l'Antiquité. Je me sens héros parmi les héros, ce monde de joie et d'exaltation m'est si cher. Je voyage beaucoup moins à présent, pour des raisons de santé et depuis que les Allemands m'ont chassé de ma demeure. Mais lorsqu'à l'époque, je n'en étais pas privé, je m'accompagnais de ma fille, Anna, ou de ma belle-soeur Minna pour visiter de superbes lieux comme la villa Borghèse, Saint-Pierre, les Catacombes, le château Saint-Ange, La chapelle Sixtine, les musées du Vatican. Je ne peux vous cacher ma joie lorsque je re-songe à toutes ces beautés. Ces atmosphères de places animées, ces enfants qui jouent, ces charmantes femmes et ce vin délicieux. Je ne vous cacherai pas que ce pays et ses oeuvres m'ont beaucoup inspiré quant à mes écrits sur l'homme. Je suis justement en train de terminer un ouvrage parlant du sujet des pouvoirs et de la divinité. Je ne sais encore s'il sera publié avant que je ne quitte ce monde, mais si c'est le cas, vous retrouverez mon exaltation pour cet ancien peuple qui nous a laissé de merveilleuses oeuvres.

Je sais que ce n'est pas courant, mais j'aimerais vous poser une question. Qu'en est-il des loisirs à votre époque? L'homme se divertit-il toujours de la même façon? Personnellement, quand je ne voyageais pas, j'appréciais me reposer à la campagne avec ma famille. Les enfants jouaient, ma femme et ma belle-soeur s'occupaient et moi, je profitais d'un bon ouvrage, installé dans le jardin en compagnie de mes deux chiens. L'homme sait-il encore se reposer à votre époque? Il me semble que l'homme est de plus en plus pressé de pouvoir et de possession. Vous seriez aimable de m'éclairer à ce sujet.

En vous remerciant pour votre lettre. Bien à vous.

S. Freud