Laetitia Bruttomesso
écrit à

   


Sigmund Freud

     
   

Le contraire d'Oedipe

    Bonjour monsieur Freud,

Je m'interroge car souvent on parle du complexe d'Oedipe, mais j'aimerais savoir comment s'appelle le fait inverse, une fille qui déteste son père ou un garçon sa mère. Merci à vous de m'éclairer.

Laetitia Bruttomesso



Chère Laetitia,

Il est courant dans la science ou autres disciplines de vouloir donner un nom à toute chose. Et surtout lorsqu'il s'agit d'une chose anormale. Je vous répondrai qu'il y a bien entendu plusieurs psychologues qui ont donné leur propre étiquette à ce comportement, mais moi je le considère comme étant une forme du complexe d'Oedipe et je ne change donc pas son nom.

J'aimerais, avant de vous expliquer plus clairement le sujet, vous éclairer sur le fait que l'enfant ne déteste aucunement le parent du même sexe ou du sexe opposé lors du bon cheminement du complexe. Il y a juste une préférence et une rivalité qui s'instaure.

En fait, lorsqu'il y a effet inverse, c'est à dire que le petit garçon apprécie plus son père et que la petite fille apprécie plus sa mère, rien n'est réellement perturbé, si ce n'est que le petit garçon va chercher son égal en la personne de sa mère. Il va se rapprocher du comportement de celle-ci, non sans prendre conscience qu'il est un garçon et qu'il lui faut une certaine virilité. Il deviendra plus doux, mais sa sexualité n'en sera pas forcément changée. Je suppose que vous vous disiez que l'enfant naîtrait homosexuel, mais il n'en est rien. Le complexe d'Oedipe a beau former les idéaux de l'enfant, cela ne l'empêchera pas de s'accommoder à ses réels penchants. Bien entendu, il y aura quelques répercussions, mais sans grande gravité d'un point de vue sexuel. Le garçon sera plus efféminé et la petite fille sera, comme on le dit à présent, un garçon manqué.

En espérant avoir pu vous éclairer.

S. Freud