fangpo1+free.fr
écrit à

   


Sigmund Freud

     
   

C'est grave, Docteur?

   

Cher Monsieur Sigmund,

Quinze ans d'entretiens (plutôt que le mot pompeux «d'analyses») avec une psychologue de votre école (la cause freudienne), avec un résultat nul (d'ailleurs, on ne ressent rien allongé sur un divan!). Et cela coûte le prix d'un petit studio dans le Paris des années 1970, puisque non remboursé par notre Caisse d'assurance-maladie). Ensuite, 11 ans d'entretiens avec un neuropsychiatre de chez Jung, pour un modeste résultat. Enfin, actuellement, trois mois d'entretiens gratuits avec un psychiatre de dispensaire de quartier, pour encore aucun résultat. C'est grave Docteur? (Je sais: une «analyse», ça ne se termine jamais. Dans une autre vie peut-être?)

Ceci n'est pas une boutade, ce sont des faits exacts!

Salut à vous,

Le terrien Djed Ramose


Cher Djed Ramose,

Je vous prie tout d'abord d'excuser mon retard, ma santé diminue et mon courrier augmente. Même si j'aurais préféré l'inverse, j'apprécie toujours autant pouvoir répondre aux lettres. J'espère qu'il n'est pas trop tard pour vous répondre.

Premièrement, je ne pense pas qu'une analyse ne se termine jamais, par contre, l'analyse d'une vie ne peut effectivement pas cesser, ce qui est tout à fait logique. Vous me faites penser à une patiente qui me rendit un jour visite en m'expliquant qu'aucun docteur n'arrivait à la soigner. Un confrère lui avait donné comme explication qu'elle ne souffrait de rien pour être soignée. À vrai dire, le problème ne résidait pas là, mais bien dans le fait qu'elle ne voulait pas être soignée. Si consciemment elle prenait l'initiative d'aller voir un médecin, inconsciemment, elle prenait du plaisir à ce qu'on prenne soin d'elle. Ainsi, arriver à la guérir serait stopper ce plaisir. C'est pourquoi, elle souffrait constamment d'une nouvelle pathologie.

Bien entendu, je n'affirme pas que vous disposez de la même névrose, je n'ai pas assez d'éléments vous concernant pour émettre un quelconque avis, mais je voulais juste vous montrer que la raison ne vient pas forcément de la science.

Cordialement.

Prof. Dr. Sigm. Freud