Johan
écrit à

Victor Frankenstein
| Cher Victor Frankenstein, Je me présente: je m'appelle Johan, j'ai quinze ans et je suis élève au collège Jean-Burger de Moyeuvre-Grande. Je vous écris dans le cadre d'un projet scolaire car j'aimerais en savoir plus sur vous. On parle beaucoup de vous en disant que vous êtes un savant fou. Comment voyez-vous cela? Je suis contre votre création, le monstre «Frankenstein». Je pense que vous avez eu beaucoup d'imagination pour créer un être aussi surréaliste. C'est un monstre rempli de méchanceté que tout le monde craint. Il terrorise les petits et les grands. C'est horrible de penser que ce monstre a été fait avec des restes de cadavres humains. Son odeur doit être répugnante. Comment cette idée vous est-elle venue? Je trouve que l'idée de faire un personnage comme lui peut avoir des conséquences sur les jeunes. Ils peuvent faire des cauchemars, avoir peur de se promener et de le croiser... Avez-vous pensé à toutes les conséquences de votre acte? Merci d'avoir lu ma lettre. J'attends votre réponse avec impatience. Johan Cher Johan, C'est avec plaisir que je réponds à tes questions. Un savant fou, dis-tu? Eu égard à mon histoire, je dois malheureusement avouer que ce surnom est plutôt approprié... J'ai effectivement fait preuve de folie dans mes jeunes années... C'est aussi pour ça que j'ai accepté de répondre à toutes les interrogations que les correspondants de Dialogus pourraient avoir à mon sujet. Sois sûr que je suis aussi contre la créature à laquelle j'ai donné vie. Je suis d'ailleurs sur ses traces en ce moment même! Je n'ai jamais voulu créer un monstre, j'étais en fait en train de faire différentes expériences. Depuis tout petit, je suis fasciné par la science. À l'âge de quinze ans, j'ai été témoin d'un terrible orage, un arbre a été déraciné et a pris feu. J'ai alors compris le pouvoir étonnant de l'électricité. Lorsque ma mère est décédée de la scarlatine, je me suis dit que j'allais essayer de créer un être humain qui ne mourrait jamais. Je rêvais d'éradiquer les maladies. C'est comme ça que tout a commencé. C'est parce que je n'ai jamais pensé aux conséquences que je me trouve dans l'état dans lequel je suis... N'hésite pas à m'écrire à nouveau si tu as d'autres questions. Bien à toi, Victor |