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Votre Altesse Royale,
Tout d’abord, je tiens à vous adresser mes plus
sincères respects et vous dire mon admiration. Je suis un des plus grands
défenseurs de la mémoire de votre belle-sœur, Marie-Antoinette. Je sais que vous
ne l’avez jamais abandonnée.
Je voulais connaître votre sentiment par
rapport à ce que le tribunal révolutionnaire a fait dire à votre neveu Louis
XVII, à savoir vous accuser, vous et la Reine, d’avoir eu des relations
incestueuses et lui avoir fait signer une déclaration de reconnaissance
d’inceste pour ajouter un chef d’accusation contre sa mère! Je suppose que cela
vous a glacé le sang! On le disait très précoce en tout pour son âge. Est-ce
vrai?
Avec mon plus profond respect.
Michel
Cher Michel,
Merci pour votre lettre qui me touche profondément et vient
embellir ma solitude dans cette odieuse prison de la Conciergerie.
Concernant mon neveu et cette scène si pénible que vous évoquez: que
dire? Bien sûr, ma première réaction face aux atrocités que soutenait cet enfant
fut de m'indigner et de le traiter de monstre! Je ne comprends pas pourquoi cet
enfant si gracieux et aimant pouvait être devenu si vil! Imaginez, cette scène
atroce dura quatre heures! ma chère nièce dut affronter la veille les mêmes
horreurs! Ce fut la dernière fois que je vis cet enfant! Imaginez mes sentiments
et ceux de ma nièce quand nous nous retrouvâmes ce soir là. Prisonnières dans
notre cellule, la prière fut notre refuge à ma nièce et à moi-même pour ne pas
sombrer...
Je crois mon neveu bien malheureux et perdu pour qu'un enfant
effectivement beau, précoce et aimant puisse être devenu le semblable de ses
bourreaux! Je ne comprends pas son attitude mais demain tout sera fini et je
dois vous quitter pour me mettre en paix avec Dieu. |