Kristina
écrit à

Élisabeth de France
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Avant toute chose, Madame, sachez que vous avez toute mon admiration. Vous avez
su rester auprès de votre frère malgré toutes les épreuves endurées. Vous devez
être une femme bien courageuse. Tout d'abord merci, chère amie, de votre amabilité à mon égard. Je vous remercie de l'intérêt que vous portez à ma nièce. Effectivement, surtout ces deux dernières années, j'ai été très proche d'elle et malheureusement, avant notre séparation, j'ai tenté du mieux possible de pallier l'absence de sa mère qui nous a quittées. A Versailles, la vie était différente et ma nièce était, comme moi, prise dans le tourbillon de l'étiquette entourant les princesses de France, et nous avions moins l'occasion d'être intimes; cela étant dit, les enfants de mon cher frère m'ont toujours été très chers! Il est vrai que ces dernières années, leur mère les a entourés de son amour et nous avons essayé de les préserver au maximum. Ma nièce avait effectivement comme gouvernante madame de Polignac jusqu'à son départ de France. Par la suite ce fut madame de Tourzel qui la remplaça et s'acquitta de sa tâche, malgré les dangers, de manière admirable. Que vous dire de plus? Ma nièce, comme toutes les filles de France, a reçu une éducation soignée. Elle est depuis son enfance d'un naturel plutôt sérieux et affectueux bien qu'ayant toujours à l'esprit qui elle est et quel est son rang. Sa mère l'a souvent corrigée sur ce point. Merci encore de votre soutien et vos pensées envers notre famille, Elisabeth de France Je vous remercie de vos réponses, madame, et de votre franchise. Je suis également très touchée que vous m’appeliez «chère amie». Vous êtes très gentille. Si cela ne vous dérange point, j’aurais encore quelques questions à vous poser à propos de votre nièce. Je voudrais savoir si Madame Royale appréciait ses gouvernantes. Je voudrais aussi savoir si elle était proche de ses frères, de sa sœur et de son père. Elle a dû beaucoup souffrir lors de leur mort. Comment a-t-elle vécu sa séparation d’avec sa mère? Est-il vrai que Marie-Antoinette était plus proche de ses fils que de ses filles? Enfin, je suis désolée si je vous rappelle de douloureux souvenirs, mais je voudrais savoir quand et pourquoi vous avez été séparée de votre nièce au Temple. Encore merci pour votre gentillesse, Mes prières sont avec vous, Kristina La gouvernante des enfants de France jusqu'en 1789 était madame de Polignac, amie très proche de ma belle-soeur la reine et placée à ce poste en tant que personne de confiance et amie très proche. Le choix, après le départ en exil de la comtesse de Polignac, se porta sur madame de Tourzel qui à mon sens était la personne la plus à même d'assurer ce poste. Elle a été très proche de ma nièce jusqu'à sa séparation en août 1792 et sa fille Pauline fut souvent une compagne de jeux pour elle pendant ces dernières années. Nous avons été séparée ma nièce et moi il y a à peine quelques jours et cela me brise le coeur, je suis tellement inquiète pour elle! Mon seul espoir, c'est la pensée que ma nièce de part son caractère et sa dignité saura se comporter jusqu'au bout en vrai fille de France ! Dieu la préserve de plus de malheurs ainsi que mon malheureux neveu, notre roi à présent ! Bien à vous, Elisabeth |