Tesslou
écrit à

Élisabeth de France
|
Madame, Bien cher ami, Vous abordez dans votre missive un sujet douloureux pour moi. Je suis hélas depuis mon transfert du donjon du Temple à la Conciergerie sans aucune nouvelles de mon neveu et ma nièce. Je suis terriblement angoissée de les savoir si seuls, d'autant plus que depuis presque un an mon neveu a été enlevé à notre affection, pour être enfermé à l'étage au-dessous du nôtre qui fut celui de son père. Au vu du comportement des rustres qui nous surveillaient nuit et jour, je doute que ce cher ange ait pu s'évader... si cela pouvait arriver! Simon est un homme très fruste qui nous a toujours inspiré, à la Reine et moi-même, beaucoup de méfiance. Toutefois je crois qu'il éprouve quelque affection pour mon neveu bien que de savoir cet enfant aux mains de cet homme nous torturait sa mère et moi! Ma nièce hélas n'est plus avec moi non plus et je suis très inquiète et tremble d'avoir laissé cette jeune fille seule entourée de ces barbares! À mon arrivée à la Conciergerie, j'ai hélas eu la tristesse d'apprendre l'exécution de leur mère qui fut si courageuse tout au long de nos épreuves! Ma vie privée avant la Révolution était tellement riche et variée qu'aliéner mon indépendance pour un mari ne m'a jamais effleuré; ensuite avec les mauvais jours, ma raison de vivre fut ma Famille. Je n'ai plus revu mes frères Provence et Artois depuis leur fuite hors de France; Dieu merci eux sont encore libres et vivants, Dieu les garde! Je vous salue bien Elizabeth de France |