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Lexpertdutitanic 
écrit à
Élisabeth de France
Élisabeth de France


Diverses questions sur votre gracieuse personne


   

Votre élégante Altesse,

Je m'appelle Damien Bertrand et je suis un passionné de l'histoire de France et plus particulièrement sur la vôtre, celle de la reine  Marie-Antoinette, de votre frère, de vos tantes et de vos parents ainsi que des enfants de votre frère, Sa Majesté le roi sur lesquels je sais tout ou presque. J'aimerais savoir dans quel appartement vous viviez à Versailles; si vous étiez très proche de vos tantes Adélaïde et Victoire; si vous appréciiez la comtesse du Barry (ce dont je doute fortement); si vous appréciiez la reine. Pour ma part je pense que vous êtes d'une grande bonté d'une grande sagesse, d'une rare beauté et que vous n'avez fait que votre devoir. Je pense également que ceux qui vous ont condamnés, vous et vos proches, sont des lâches et des traîtres.

Veuillez accepter, Madame, l'expression de mes sentiments et admirations les plus hautement distingués.

Votre très sincèrement dévoué et admirateur Damien Bertrand

Postscriptum: Une dernière interrogation et une affirmation. Croyiez-vous la reine coupable dans l'affaire du collier(moi non). Si jamais vous deviez subir le même sort que votre frère et votre belle-soeur jamais je ne ferais oublier votre nom au peuple français et à l'Histoire mais je suis sûr que cela n'arrivera pas: de toute façon vos accusateurs sont trop lâches pour trouver des preuves de votre culpabilité.


Cher Damien,

Malgré le peu de temps qu'il me reste avant de comparaître devant le Tribunal Révolutionnaire, je vais essayer de répondre à quelques-unes de vos questions.

Je vivais depuis mon seizième anniversaire dans mes propres appartements. Il se situait au premier étage tout au bout de l'aile du Midi. Située au sud-ouest du Palais, je pouvais contempler ces admirables couchers de soleil, une des gloires de Versailles! Je voyais également l'immense Orangerie, admirablement garnie d'orangers placés dans des baquets d'argent. Je m'y rendais par ces ravissantes marches de marbre rose. Mon appartement était tendu de damas rouge et blanc tissé de fleurs et de rubans. Dans mon boudoir, je pouvais jouir d'un certain calme et croyez-le bien c'était une véritable bénédiction pour une princesse en ce temps-là! Mon appartement comprenait huit pièces principales.

Concernant Mesdames mes Tantes, mes relations avec elles ont toujours été agréables bien que peu suivies. Je me souviens que nous devions, ma soeur et moi, les visiter pendant notre enfance chaque matin et j'étais très impressionnée par Madame Louise, la plus hautaine de toutes, qui quitta la Cour pour le Carmel pour racheter la relation de mon grand-père avec Mme du Barry. Concernant cette dernière, je n'ai pu me faire une réelle opinion de cette personne, étant trop jeune pour l'avoir côtoyée. Concernant la Reine, épouse de mon frère Louis, elle fut tout au long de mon adolescence une compagne surtout lorsque mes Tantes quittèrent Versailles pour leur château de Bellevue. Je me suis toujours efforcée de montrer envers ma belle-soeur un constant loyalisme quelles que fussent à certains moments mes pensées intimes. J'étais par contre assez scandalisée de la manière dont mes belles-soeurs de Savoie et mes Tantes traitaient la Reine!

Concernant la malheureuse affaire du Collier, malgré les perpétuelles allusions malveillantes de mon entourage sur la Reine, j'ai toujours résisté à en croire un seul mot.  Hélas, c'est cette affaire qui, je pense, précipita la Révolution.

Voilà, Monsieur, quelques réponses à vos questions. Je vous laisse et me prépare à répondre à d'autres qui, je le pressens, seront beaucoup moins agréables .

Votre dévouée

Elizabeth



Votre Altesse Royale,

Vos réponses m'ont profondément réconforté car, voyez-vous, je ne connaissais pas tout cela de vous et qu’en ce temps de terreur il est bon d'avoir quelqu'un à qui raconter ce que l'on a sur le coeur. Je sais que cela peut vous réconforter ou vous faire pleurer je ne sais mais pouvez-vous me décrire votre vie à Versailles car en ce moment même je rédige votre biographie et que moi aussi je suis seul en ce moment mes parents ont été arrêtés hier soir: étant nobles ils n'ont pas voulu abandonner la France et ont toujours cru en leurs majestés le roi et la reine et en vous-même et là encore j'ai quelques questions à vous soumettre: Versailles étant le lieu de l'apparat et des ragots je vous demande ce que l'on racontait sur vous là-bas?

Je voudrais savoir comment était votre lit de quel style étaient vos appartements? Votre lit était-il à la duchesse ou à la polonaise? Étiez-vous invitée à passer des journées au hameau de la reine ou à Trianon? Que pensez-vous de la liaison de la reine avec Fersen (Je trouve que c'est de la pure invention)? Assistiez-vous au lever de la reine chaque jour? enfin voici la fin de mes questions en ce qui me concerne  votre Altesse Royale je n'ai plus que mes frères et soeur et mes grands-parents qui sont encore en vie aujourd'hui car la terreur a tué tous mes proches j'essaierai d'obtenir un droit de visite pour aller vous voir  j'apporterai quelques produit et douceurs à votre intention. J'espère que mes paroles vous ont réconfortées et que j'entendrai bientôt sur une feuille de papier votre douce voix traduite à la plume et surtout devant le tribunal affronter tous ces rustres, ces chenapans, ces traîtres, la tête haute. Chaque jour je pense à vous et je m'efforce de m'inquiéter pour votre personne même si cela m'est impossible.

Très sincèrement et rempli de baisers affectueux et de manières distinguées, votre très dévoué et conseillé et aide Damien Bertrand...



Bien cher Damien,

Je vois que vous aussi vous êtes victime de la folie de cette époque. Ma vie au temps de Versailles n'a plus de sens pour moi aujourd'hui, je me prépare à affronter nos bourreaux et évoquer la douceur de vivre des années passées risque de me faire perdre les forces que je rassemble pour affronter mon procès. De plus je me refuse à évoquer les médisances qui ont pu courir sur ma belle-soeur et M. de Fersen qui a toujours fait preuve d'un profond attachement à notre sort.

Cordialement
Elizabeth de France
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