Anaïs
écrit à

Élisabeth de France
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Chère Élisabeth, Chère Anaïs, J'ai effectivement beaucoup d'affection pour ma soeur Clotilde. Orphelines toutes deux de nos parents très tôt, nous avons été toujours très proches pendant notre enfance bien que ma chère soeur fût beaucoup plus calme et raisonnable que moi. Mme de Marsan, notre gouvernante me la citait toujours en exemple! Effectivement, c'est au cours de l'été 1775 que ma soeur quitta la France à jamais pour épouser le Prince de Piémont. Je fus au désespoir et je dus faire appel à toute ma force d'âme pour surmonter ce départ. Je me suis sentie à nouveau orpheline! Sa majesté la Reine Marie-Antoinette dut m'arracher à ses bras. Ma chère soeur, quel réconfort de la savoir heureuse et en sécurité dans son pays... Bien à vous Mme Elizabeth de France Chère Élisabeth, Je sais que votre frère Louis XVI a beaucoup souffert de n'être pas assez aimé par ses proches: vos parents lui préféraient feu votre frère aîné le duc de Bourgogne et les courtisans trouvaient que le comte de Provence était bien plus intelligent que lui. Quant au comte d'Artois, il passait pour être très éveillé pour son âge. Personne ne semblait s'intéresser à Louis-Auguste sauf vous, très chère, qui lui avez toujours montré les plus tendres sentiments et beaucoup d'affection. Quelle soeur admirable vous faites! Vous êtes sans doute le membre de la famille royale à qui le roi peut se confier sans craindre un jugement. Parlez-moi de votre soeur Marie-Clotilde. Il paraît que son départ pour la Sardaigne vous a bouleversée. Étiez-vous si proches que cela? Je vous embrasse, chère princesse, Anaïs Chère Anaïs, C'est avec un plaisir bien doux à mon coeur que je vais essayer de vous parler de ma chère Angélique. Nous nous sommes connues dès notre enfance quand sa mère Mme de Mackau fut nommée pour seconder ma gouvernante Mme de Marsan et qu'Angélique arriva à Versailles avec sa mère. Alors débuta une amitié qui jusqu'à ce jour ne s'est jamais démentie. Angélique était et est restée très belle et d'un abord très facile et elle eut dans mon enfance une bonne influence sur mon caractère. Elle a épousé le marquis de Bonbelles et malgré leur différence d'âge leur couple uni a toujours forcé mon admiration. Seule la terreur qui s'abattit sur la France dès 1789 m'amena à insister pour que ma chère amie rejoignît son époux en Italie. Hélas, bien que nous ayons correspondu régulièrement jusqu'à mon emprisonnement, nous ne nous sommes plus jamais revues. C'est vers elle en particulier que s'envolent toutes mes pensées à la veille de mon procès. Pour finir, je vous sais gré de votre affection, je pressens que les jours à venir vont être difficiles... Je m'en remets désormais à Dieu... Elizabeth |