Anaïs
écrit à

Élisabeth de France
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Très chère Elisabeth, Très chère Anaïs, En premier lieu, merci pour votre charmant accueil et vos propos élogieux à mon égard qui m'apporte bien du réconfort dans un monde devenu si hostile et haineux. Je n'ai jamais eu l'impression de faire quelque chose d'exceptionnel en donnant de mon temps et de mes soins aux plus démunis. Effectivement durant mes séjours dans ma résidence de Montreuil, mon portier avait pour consigne de ne jamais renvoyer les personnes démunies et je préparais moi-même des médicaments et pommades pour les blessures et distribuais moi-même les légumes de mon jardin. Cela m'a toujours paru la moindre des choses à nous que Dieu a comblés de faveurs d'en faire bénéficier les pauvres gens. Quant à quitter mon frère le Roi et sa famille, il n'en fut jamais question bien que le moment des adieux au départ de mon frère Artois fut très dur à vivre car je lui ai toujours été très attaché. On m'a depuis assez reproché notre correspondance! J'ai effectivement perdu mon père l'année suivant ma naissance. Ma mère Marie Josèphe de Saxe trouvait que je lui ressemblais au physique ainsi que dans mon caractère qui je l'avoue était assez colérique étant enfant. Elle décéda toutefois rapidement après mon père et dans les années qui ont suivi, elle m'a bien manqué! Ma grand-mère, la Reine Marie Leszczyńska, qui devait décéder l'année de mes 4 ans, avait été si bafouée par son époux qu'elle n'était plus que l'ombre d'elle-même. Elle m'inspirait de la crainte car elle était très stricte sur le protocole. Effectivement, mon frère a veillé sur ma sécurité matérielle mais il était lui-même soumis à tant de responsabilités... Ma soeur Clotilde et moi avons été confiées aux soins de la stricte et revêche comtesse de Marsan à qui j'ai causé bien des soucis! Que tout cela me ramène à des temps si heureux! Merci, chère Anaïs, de m'avoir apporté un peu de consolation avant d'affronter ces juges qui je le pressens, seront sans pitié. Elizabeth de France |