Loiz
écrit à

   

Anne Frank
Anne Frank




   

Ton opinion m'intéresse

   

Ma chère petite Anne,

Sous les yeux un écrit d'un contemporain, un brillant littérateur, chroniqueur littéraire et essayiste français, qui se nomme Charles Dantzig. Je prends cette citation de son «Dictionnaire égoïste de la littérature française» à la rubrique Journaux intimes: «les journaux intimes sont des livres écrits pour les jeunes gens archi-littéraires.»

Tu sais le bien que je pense de ton style et également que le genre du journal intime ne me passionne pas des masses! Mais je pense que tu es la mieux placée pour me faire part, si tes geôliers t'en laissent le temps et le loisir, des réflexions que peuvent te suggérer ce propos que je porte à ta connaissance.

Au fait, je te paraîtrai peut-être un peu futile en te parlant de littérature; mais vois-tu, je ne me sens pas le courage de te poser des questions sur le camp de Westerbork. Mais continue d'espérer et de tenir bon ma petite Anne: les Alliés anglo-canadiens et américains ont à la fin du mois dernier, le 25 juillet je crois, enfin réussi à percer le front allemand à Avranches, en Normandie; ils progressent également en Italie depuis qu'ils ont pris Rome le 4 juin dernier et les Allemands reculent sans cesse en Russie. Tu le sais aussi bien que moi, les Alliés finiront par l'emporter sur le prétendu «peuple des seigneurs»...

Que Dieu veille sur toi et tes proches ma petite fille;

ton ami, Loiz.


Bonjour Monsieur,

Je ne sais pas trop quoi vous dire de cette citation, je ne la comprends pas bien. Déjà, normalement, un journal intime ce n'est pas un livre, et on ne l'écrit que pour soi, pas pour les autres. J'ai effectivement prévu de faire publier le mien, mais ce n'était pas mon but au départ, et je pense que ce n'est jamais celui d'un véritable journal intime, sinon il ne serait pas intime, vous ne croyez pas? Enfin, si le mien devient un livre, ce sera pour être lu par tout le monde, pas seulement des adolescents, parce que ce sera un témoignage sur notre vie pendant cette guerre.

Au revoir, Monsieur,

Anne