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Sabrina |
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Sur les camps |
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Chère Anne, Pardonne ma curiosité, mais je me questionne sur la vie que tu mènes dans les différents camps! Une si jeune enfant peut-elle supporter tant de souffrances? De voir que les choses n'avancent pas au fil du temps? Je me demande si vous vous comprenez, car aucun de vous ne parle la même langue. Après la disparition de ta soeur, comment fais-tu pour te battre encore et encore? Comprends-tu réellement la réalité des violences? Je suis touchée par cette situation, par la violence donnée sans raison et pourtant de nos jours cela continue malgré tout... Oui ce n'est pas une violence physique mais morale! Pourquoi tant de violence entre êtres humains? Je reste très touchée par ta force de caractère et ta maturité. Dans l'attente d'une réponse, je te remercie du temps que tu accorderas à lire ce courrier. Sincèrement, Sabrina Chère Madame, Ne devriez-vous pas relire -ou même lire- la lettre d'acceptation d'Anne à Dialogus? En effet, elle souhaite que ses correspondants ne lui parlent pas de son avenir (il lui fait peur et je tiens à ce qu'elle garde l'espoir). Or elle ne connaît à l'heure actuelle qu'un seul camp, celui de Westerbork. Où nous parlons tous le néerlandais, vu qu'il ne reçoit que des Hollandais, pas de problèmes linguistiques entre nous. Toute la famille est actuellement réunie -Margot va bien- et nous ne prétendons pas souffrir; il y a plus malheureux que nous. Nous ne sommes pas ici depuis longtemps, donc pas non plus de choses qui n'avancent pas, d'autant que tout nous laisse prévoir que les Américains nous délivreront bientôt. Par ailleurs, Anne n'est plus un enfant si jeune que cela, à mon avis. C'est une jeune fille de quinze ans, que les années de réclusion ont fait mûrir très vite. Notre arrestation l'a terrifiée -elle est facile à effaroucher sur le moment, même si je la crois endurante- et si elle n'a pas encore rencontré de véritable violence physique, je pense qu'elle en sait beaucoup d'ores et déjà sur la souffrance. Très touché de votre réflexion pleine de compassion, je me permets, Madame, de vous quitter bien cordialement. Otto Frank, père de Mademoiselle Anne Frank |
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