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Chère Anne,
Quelle chance que tu souhaites renouer le contact avec tes amis de Dialogus!
J'avais
treize ans lorsque j'ai lu ton journal, et déjà j'imaginais comment
j'aurais pu proposer très humblement des débuts de réponses à certaines
de tes interrogations. Nous aurions pu alors avoir de nombreux
dialogues.
Depuis, vingt-trois années sont passées et il m'est difficile de choisir par où commencer.
Serait-ce
dû à l'opportunité si soudaine de pouvoir enfin communiquer avec toi?
Ou est-ce comme pour un comédien qui, le moment venu, ne parviendrait
plus à dire les mots qu'il a répétés trop souvent?
Quoi qu'il en
soit, je t'ai toujours trouvée bien trop sévère avec toi-même: aussi,
je profite de cette correspondance pour te féliciter vis-à-vis de
l'indéniable honnêteté et de la formidable volonté dont tu as fait
preuve dans ton journal entre Juin 1942 et Août 1944.
À toi,
Didier
Cher Didier,
Merci. Tu as plus d'estime pour moi que je n'en ai
moi-même, c'est vrai. En tout cas cela me fait du bien de lire cela.
Ton amitié me réconforte.
Anne
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