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Bonjour chère Anne,
Je ne sais pas vraiment par quoi commencer dans mon courrier. Cela fait
si longtemps que je me passionne pour votre histoire et tout ce qui
concerne cette période.
J'aurais tellement aimé vivre en ce temps-là, n'interprétez pas mal ce
que j'écris là mais j'ai parfois le sentiment d'avoir vécu tous ces
moments tellement j'ai l'habitude de lire et relire votre livre qui est
pour moi «une bible». Vous écrivez merveilleusement bien et à travers
vos récits si touchants je me transporte en ce temps.
Je ne sais pas si j'aurais survécu dans de telles conditions mais avec
vous à mes côtés peut-être, vous êtes si forte... Je n'ai que des
éloges pour vous et aurais tellement aimé vous rencontrer au hasard
d'un rendez-vous le long d'un canal. Je ne suis ni juive, ni allemande
mais je comprends tout. Si on pouvait se parler j'aurais tant de choses
à vous demander, racontez-moi tout, je veux tout savoir de votre vie,
de vos sentiments, joies et peines.
Alors à quand ce bavardage en toute sincérité?
Miryam
Chère Miryam,
Puisque vous avez lu mon journal, que je n'ai cessé de
rédiger qu'il y a une semaine environ, vous en savez beaucoup plus que
je n'en dirais actuellement à ma meilleure amie!
C'est bien parce que vous vivez loin dans le futur
que vous pouvez me connaître si bien. Pour bavarder en toute sincérité,
comme vous dites, il va falloir que vous vous lanciez la première, car
pour le moment c'est surtout moi qui vous en ai beaucoup dit.
Alors, de quoi souhaitiez-vous que nous parlions, plus précisément?
Anne Frank
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