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écrit à

   


Edwige Feuillère

     
   

Misanthropie

   

Madame Feuillère,

Votre lettre a tellement attiré mon attention que je dois vous écrire. Vous me semblez très mystérieuse et romantique.

Parlez-moi de vous, de votre vie, de vos amours et enfin, de vos passions. J'espère ne pas être trop indiscret, mais ça me ferait un grand plaisir de vous relire.

À bientôt, j'espère!

Pierre


Bonjour Pierre,

Votre lettre m'a beaucoup touchée, comme toutes celles que des étudiants venaient glisser sous la porte de mon petit appartement parisien à Montmartre... À l'époque, j'habitais avec Pierre Feuillère qui était mon mari. Vous me demandez de vous parler de mes passions? Celle du théâtre m'a toujours habitée. Les lettres de Paul Claudel, mon amitié pour Jean Cocteau, Jean Marais, puis mon long séjour en Norvège où j'ai suivi un poète amateur qui m'a fait découvrir St-John Perse, font partie de ce chapitre si précieux de mon existence: j'y suis restée quelque temps, puis j'ai repris enfin la route vers Venise où le théâtre m'appelait et où je n'ai pu résister à ce rôle de la reine de «L'Aigle à Deux Têtes».

Je vous semble romantique, certes, j'ai beaucoup travaillé, et je considère que la vie m'a fait un cadeau inestimable de vivre tous ces rôles si magnifiques; et je me prends à rêver que je suis vraiment Ysé du «Partage de Midi» ou Nastasia de «L'Idiot».

J'ai été ravie de m'entretenir avec vous.

Respectueusement vôtre,

Edwige Feuillère


Merci ma belle dame…vous me semblez comblée!

Pierre