| mayer | ||
| Hommage | ||
| Grand Léo, L'histoire de l'humanité est une statistique de la contrainte, de la mise au pas
et de l'ordre. Le pas de l'oie dans la cambrure, le regard bas tiré à quatre
épingles. C'est vraiment dégueulasse! Et tout le monde donne la patte, se laisse
bouffer, piétiner dans les clous des conventions et des courbettes obligatoires.
Barricadé vivant. Dans ma maison d'anarchie j'ai le goût d'un désordre malin, de
portes mal fermées, de tiroirs qui exhalent, de poubelles pas sélectives. J'y
mets tout. Je m'assume dans cet ordre décalé, de circonstances. Mais l'ordre
n'est pas dans mon vocabulaire. Ce n'est qu'un tiroir-caisse pour mieux
retrouver ma mitraille. L'ordre c'est l'ennemi. Quand tu t'y mets, tu ne bouges
plus, tu dévies la recette. Je ne suis que le manipulateur de ce pseudo machin
qui n'a rien à voir avec une ligne de vie. Je suis l'étranger. Je regarde
d'ailleurs. Mes calculs s'échouent sur l'inertie de certains paysages humains.
Alors l'ordre et l'amour c'est faire fricoter le diable et le bon Dieu. Entre,
il y a un espace polémique et fantasque. Toute ma vie je n'ai fait que donner de
l'amour, c'est ça qui me mettait à l'heure. Beaucoup n'y ont vu que du feu,
enfermés dans leurs apparences livides, dans des choix de vie tirés au cordeau,
un fil à plomb au bout du pif. L'amour c'est le désordre. Plus le pouvoir que te
donne l'autre. C'est la peur de la mélancolie qui se sape de rancœur, la peur de
la cible. Prends l'amour au bout de tes bras et tire à vue, dans le tas, dans le
mauve, dans le désordre. Léo |
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