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Éric |
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Cheveux |
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«Sais-je où s'en iront tes cheveux Éric Évidemment. «C'est à trop voir les êtres sous leur vraie lumière qu'un jour ou l'autre nous prend l'envie de les larguer. La lucidité est un exil construit, une porte de secours, le vestiaire de l'intelligence. C'en est aussi une maladie qui nous mène à la solitude.» Salut Léo, Tu connais tellement la nature humaine! Cette phrase de ton testament phonographique résonne tous les jours dans ma tête. Je m'aperçois qu'il s'est passé beaucoup de temps depuis ta dernière missive. J'ai espéré qu'avec le temps, j'allais oublier le visage et j'allais oublier la voix, mais là ton jugement est pris en défaut. Alors non, moi je n'ai pas connu la chambre de Dorothée. Par contre si tu me permets de vous paraphraser, toi et Charles, je dirais simplement que celle d'Isabelle est bien loin d'ici... bien loin d'ici. Éric Salut Éric, On continue dans le clair obscur, dans le pas de deux. En ce moment je sais que tu te tourmentes dans ton aventure droite, dans ta géométrie administrative. On s’est rencontrés par hasard… et puis merde, tu l'oublieras. Le couple, ça se casse en moins de deux! Tu verras, il fait chaud dans l’exil, une parenthèse organique, un cataplasme sur les cons, comme l’indifférence qui passe. Je sors de mon vestiaire english, un œil dans l’égarement. Comme toi, je suis de la fourmilière, avec des idées arrêtées, des démangeaisons tenaces. Cette autre femme qui passe, l’envie dans la cambrure, tu lui donnes quoi? Tu palpes sa revendication, tu épouses son clin d’oeil? Je m’engage vers la sortie des codes et le renversement des réacteurs. Moi seul. On échange, pas plus, chacun pour soi parce que la vie désormais impasse l’espoir, ferme tous les échangeurs. Je ne donne pas les ingrédients, le tour de main. Retourne vers ton vide, casse les parois, réduis les fractures. Tu vois, je reste un langage fermé. Cherche le pied de biche. À una prossima volta, ciao. Leo Ferré Salut Léo, Fini, le clair-obscur: je suis revenu en pleine lumière. Elle m'a fait le plus beau cadeau... elle m'a offert le pied-de-biche. Comme tu le chantes... je me sens tout seul peut-être, mais peinard. Au fait, tu ne crois pas si bien dire: il fait chaud dans l'exil... au propre comme au figuré. Ciao l'artiste. Eric Salut Eric, Tu l’as écrit en «objet»: suite et fin. On ne va pas continuer sans fin. Tu retournes à d’autres faits divers. Ciao. Léo |
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