| | | Bonjour,
Je ne vous connais pas et malheureusement, le peu de documents
que j'ai lu ou vu sur vous, donne de vous, hélas, un côté très
antipathique.
Certaines personnes m'ont assuré que vous étiez
anticlérical, contre les flics et contre ce qui représente la République.
Croyez-vous à ce point que tout ce qui porte un uniforme soit à mettre dans le
même panier? C'est injuste! Il y a des hommes bons partout! Expliquez-moi, il
serait dommage que je garde une mauvaise image de vous...
Je vous
remercie d'avance pour votre réponse.
Bien
cordialement,
Mademoiselle Mimi
Et une de plus. On me fait passer pour un sale type. J'ai toujours été
antipathique aux gens. Déjà à l'école. Et ça continue ici, ailleurs et nulle
part. Marre... marre...
Finalement, je m'en fous. Ça ne compte plus,
c'est complètement invalide, hors-jeu, décadré. Alors, sans façon, Mademoiselle
Mimi, votre lettre, c'est du cirque, c'est clown et compagnie, de la bobine
enfarinée, c'est Zavatta au Quai des Orfèvres, la lampe dans la gueule «j'avoue
tout monsieur le commissaire», ou Ferré dans le confessionnal «vous avez péché
mon enfant vous me direz trois ou seize Je vous salue Machine».
Vous ne
me connaissez pas et quelques documents me font «malheureusement, hélas» très
antipathique à vos beaux yeux. J'ajoute une autre couche. Quand on se trompe
faut persister, faut exagérer, aller vers le contresens, le tonneau. À quoi bon
expliquer, se justifier? Je pourrais vous conseiller d'aller écouter mes
chansons, de fermer la porte, les murs et vous mettre en face à face avec mes
chansons. Le mec antipathique ne serait pas là, ni la juge aux beaux yeux. Il y
aurait une sensibilité, pour écouter ou pour tout arrêter, décidément ce qu'il
est antipathique. Foutez la paix à mon enveloppe, faut décacheter, je ne serai
ni antipachose ni sympatitruc. Un artiste vous parlera, vous l'écouterez, selon
votre saison, vos ébats d'âme. Vous me connaîtrez alors, avec des mots moins
tocs, un regard moins torve. Et mes mots et ma musique vous serreront. Déchirez
mon image, tapez dans la réalité. On se rencontrera. Je vous embrasse, cara Mimi
et je ne vous en veux pas.
Léo
Cher Léo,
Je m'excuse d'avoir attaché autant d'importance à des images
qui ne parlent pas en votre faveur, comme quoi, mieux vaut poser la question
directement à la personne concernée. Les médias resteront des manipulateurs
d'images... J'aurais dû à la place écouter vos chansons pour avoir la
réponse.
Merci de m'avoir décrassé les oreilles et les idées.
Sans
rancune, j'espère.
Amicalement,
Mimi
Mimi des bois, ni excuse, ni rancune, ce n'est pas le lieu, ce n'est pas
l'officiant adéquat. Je ne suis pas dans les gestes basiliques. Jette les
images, rentre dans le silence de ma chanson. À ne rien dire on se comprendra.
Baci.
Léo |