Marie
écrit à

   


Comte de Fersen

     
   

Votre amour pour la reine

    Très cher Comte de Fersen,

Permettez-moi tout d'abord d'exprimer toute l'admiration et le respect que je ressens pour vous. Je suis très émue et honorée de pouvoir vous écrire par ce biais. J'ai une profonde admiration pour l'amour que vous portez à notre chère reine Marie-Antoinette. Votre dévouement pour elle est exceptionnel et remarquable. J'en viens à la question que j'ose vous poser, en espérant ne point vous offenser par une telle indiscrétion.

Vous avez été admiré dans toutes les cours d'Europe, et avez séduit les plus belles femmes qui soient. Vous êtes un homme exceptionnel de par votre honneur, votre courage et votre intelligence. Ma question est la suivante: pourquoi vous êtes-vous épris de notre chère reine? Ce que je cherche à comprendre, c'est pourquoi cette femme-là et pas une autre? Qu'est-ce qui, chez elle, la rendait exceptionnelle à vos yeux? Vous avez cotoyé les plus belles femmes d'Europe et les plus brillantes. Votre amour inconditionnel pour la reine me fascine et m'émeut. Je sais que l'amour n'a pas de raison, cependant j'aimerais comprendre ce qui vous charmait tant, ce que vous admiriez chez elle, au point de risquer votre vie pour elle.

J'espère ne m'être point trop embrouillée et vous remercie sincèrement de votre réponse.

Avec tous mes respects,

Marie



Très chère Marie,

Votre question me donne bien des soucis, car s'il y avait une raison logique aux sentiments que je ressens pour notre défunte Reine, j'aurais trouvé la solution à tous ses problèmes.

J'ai eu l'honneur d'avoir l'amitié de Sa Majesté et je pense que c'est là qui est toute la différence. N'importe quelle femme, si belle soit-elle, ne pourrait arriver à la cheville de l'amitié lorsqu'elle est sincère. Il y a des gens avec lesquels il n'y a besoin d'aucun mot pour comprendre leurs pensées et leurs émotions.  Le verbe a toujours été facile entre nous… mais je pense que vous voulez en savoir plus.

J'ai toujours été attiré par sa fragilité et sa force de caractère en même temps. Elle pouvait entre à la fois irréfléchie et discrète, ricaneuse et éplorée… en fin vous savez quoi!

Je ne pourrai jamais déclarer que j'ai aimé cette femme car c'était une reine, mais c'est la raison pour laquelle ma loyauté a toujours été sans faille.

Bien à vous

Axel de Fersen