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Cher comte de Fersen,
Tout d'abord, je voudrais vous avouer l'admiration
que j'ai pour vous et pour l'amour que vous aviez envers la défunte reine
Marie-Antoinette. Etant à moitié française et me sentant plus française qu'autre
chose, je suis profondément attristée de voir les horribles choses que le peuple
français a pu faire au roi et à la reine. Comment en est-il arrivé là? Ces gens
se sont-ils rendu compte des ignominies qu'ils faisaient et quel déshonneur ils
apportaient à la France? Tout cela me procure une peine immense. Si seulement
ils n'avaient pas agi comme cela, notre belle monarchie existerait encore!
Enfin, avec des "si" nous referions le monde!
Pardonnez-moi, je m'égare.
J'ai eu l'occasion de lire quelques correspondances que vous avez eues avec
notre belle Marie-Antoinette ainsi qu'avec votre soeur. L'amour que vous portiez
à la reine est une chose magnifique, et j'ose espérer qu'elle-même s'en rendait
compte. Je voulais surtout vous dire que malgré la fin tragique qu'a eue votre
romance, elle fait brûler une flamme en mon coeur, une flamme qui prouve que
l'Amour avec un grand "A" a existé et avec un peu de chance, existe encore
aujourd'hui. La reine a eu de la chance: cet amour que vous lui portiez!
J'espère de tout coeur qu'elle vous le rendait également.
Sachez que vous
avez toute mon admiration très cher comte, ainsi que mon plus profond
respect.
Lavinia.
Très chère Lavinia,
Votre lettre m'a profondément ému. Je suis aussi
très surpris que ma correspondance avec la reine fût publiée. Mais, si vous avez
bien eu accès à ces lettres, vous avez bien vu que mon amour pour la reine n'a
toujours été que total dévouement et non pure débauche, contrairement à ce que
les révolutionnaires et les ennemis du roi et de la reine ont tenté de le
démontrer pendant et après la Révolution. Ce que j'ai fait pour le roi et la
reine n'était que mon devoir à l'égard de souverains qui n'ont jamais mérité
leur destin et qui n'ont été que des pantins dans les esprits de gens qui ne
méritaient pas le pouvoir qu'ils ont pris.
La reine n'a jamais douté de
mon amitié et de mon dévouement car même à la fin, elle m'a envoyé un billet,
que je n'ai reçu que dix-huit mois après sa mort, me disant «Adieu, mon coeur
est à vous».
Mes Respects,
Axel de Fersen
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