Clarisse
écrit à

   


Comte de Fersen

     
   

Lettre au Comte de Fersen

   

Comte de Fersen,

Je commencerai cette lettre en me présentant. J'ai 16ans, âge auquel, à votre époque, je serais déjà mariée. Dans mon siècle à moi, 16 ans est un âge assez triste, où l'on rejette pas mal d'autorités, et celle parentale bien sûr en premier lieu. En effet, je vis au 20ème siècle, dans une époque où les libertés sont plus grandes que celles que vous avez connues, où les prodiges des scientifiques sont immenses et encore bien d'autres choses.

Mais je ne suis pas là pour «vanter» les mérites de mon époque. J'aurais juste une question, sans doute bête. Dans un manga (c'est un livre avec des images où l'on raconte une histoire) relatant le 18ème siècle, on y fait mention d'une certaine «Lady Oscar»« ou plutôt «Oscar François de Jarjayes». Ne vous y trompez pas, c'est une magnifique jeune femme élevée comme un homme pour perpétuer le nom d'une famille noble. J'aurais aimé savoir comment elle était, et même si elle existe ou non, racontez-moi comment étaient les femmes de cette époque, et s'il vous est arrivé de rencontrer une femme habillée en homme dans les armes ou autre part? Je vous en prie, racontez-moi...

M'entretenir plus longtemps avec vous serait inutile pour le moment.

J'attends votre réponse avec impatience.

Clarisse.


Très chère Clarisse,

Je vous remercie pour votre lettre.  J’ai déjà entendu parler de ce «manga» et je trouve cela très amusant que les gens de votre époque puissent croire qu’une femme puisse vouloir s’habiller en homme (et, quel sacrilège, dans l’armée en plus). Non, je n’ai jamais connu une telle personne et je l’aurais trouvée très étrange. Aucune femme de mon époque n’en aurait l’idée, car contrairement à ce que vous semblez croire, la vie d’une femme au 18e siècle n’est pas si terrible que ça.         

À part pour des alliances entre des familles ou des Royaumes, c’est très rare qu’on se marie à l’âge de 16 ans. La femme détient un statut très important en société. C’est elle qui amène une dot lors du mariage et, dans plusieurs endroits, comme à Paris, les époux détiennent chacun la moitié de leurs biens.

Il y a toujours des femmes qui suivent les armées, mais c'est pour d’autres raisons que celle de faire la guerre.

J’espère avoir répondu à vos questions.

Mes hommages,

Hans Axel de Fersen