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Duchesse de Polignac |
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| Pourquoi donc salir la mémoire de l'aimable personne qu'était la duchesse
de Polignac, cher Comte? Seriez-vous, vous aussi, aveugle au point de prêter
foi aux rumeurs? La duchesse Jules était la meilleure amie de Marie-Antoinette, celle avec laquelle elle a partagé ses confidences, ses joies, ses tourments, et, surtout, à laquelle elle a confié la garde de ses chers enfants, tandis qu'elle-même, comme elle le dit, éprouvait tous les sentiments d'une mère pour Guichette, la fille de Madame de Polignac. La reine aurait-elle été inconséquente au point de manifester de telles preuves de foi à une intrigante, et jusqu'en 1790, embrasser de toute son âme la plus tendre des amies? Avilir Madame de Polignac ne revient-il pas, très noble Comte, à supposer une bien grande légèreté dans le coeur de votre auguste adorée? Non... il me semble que l'Histoire s'est montrée bien injuste envers cette malheureuse fidèle, qui, dois-je vous le rappeler, n'a survécu que quelques semaines à la mort de celle qui l'appelait avec tant d'attachement et d'attendrissement son «cher coeur»... Adieu, généreux Chevalier, Marie Très chère Marie, Je suis désolé de vous avoir déplu par mes propos, mais je crois avoir le droit à mon opinion. J'ai connu la duchesse, je crois être mieux placé que vous pour la juger. Je ne contredis pas les faits que vous rapportez, mais je n'oublie pas tout le pouvoir qu'elle et sa famille y ont acquis. Je crois seulement que son amitié n'était pas simplement sans intérêt. Pour ma part, j'ai toujours trouvé la Princesse de Lamballe plus noble de coeur. Mais voyez-vous, ce n'est que mon opinion et jamais je ne me suis mêlé des amitiés de la Reine et jamais je ne lui ai fait part de cette opinion. De plus, j'ai été très déçu d'elle. Je trouve qu'elle a quitté son «cher coeur» un peu vite lorsque les agitations ont commencé. Mais encore, je crois que le grand coeur de notre Souveraine préférait la savoir en sécurité... Adieu, très chère... Axel de Fersen |
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