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Comte de Fersen

     
   

Bonne nouvelle!

    Cette lettre contient mes plus grands respects. Pardonnez mon français qui n'est pas aussi bon que le vôtre. J'ai lu certaines (toutes) lettres que vous avez reçues et les réponses que vous leur avez adressées. J'ai pu voir que vous étiez terriblement triste à l'idée que votre aimée Marie-Antoinette soit morte. Pourtant, elle est vivante, si je puis dire, car j'ai eu le plaisir de lui écrire par l'intermédiaire de Dialogus. C'est une chance, non? Bien sûr, je ne dis cela que pour vous réjouir, car la plupart de vos lettres parlent de la Reine, alors que, depuis toujours, vous l'avez aimée de toutes vos forces, de toute votre âme. Même si je n'ai jamais eu le plaisir de vous rencontrer ou de la rencontrer, j'ai le sentiment que vous et elle êtes fort sympathiques et amicaux. Je suis aussi très perplexe lorsque je réfléchis à votre époque. Vos histoires ont été très tristes. Lorsque j'ai lu les lettres de Marie-Antoinette, elle aussi disait qu'elle vous aimait énormément. Je me suis donc rendu compte que si vous, cher Comte, et elle vous étiez rencontrés et que Marie-Antoinette n'avait été qu'une simple noble (une Vicomtesse, une Marquise, qu'importe!), vous auriez vécu heureux et en paix, un vrai amour avec des joies et des peines. Mais la vie ne vous a pas gâtés et vous avez été condamnés à un amour impossible. Moi aussi je vous comprends (je ne vous en dirai pas plus!).

Le destin en a décidé ainsi et personne, personne ne peut aller contre le destin, pas même la plus exceptionnelle des personnes les plus exceptionnelles. Comme j'aimerais changer l'Histoire et remonter dans le passé (pour reprendre une deuxième part de gâteau) pour bien sûr, vous rassembler. Ce serait si beau à voir! Mais je m'aperçois que ma lettre est longue, et je ne voudrais pas vous importuner, sotte que je suis! C'est une jeune fille de 12 ans qui vous écrit cette lettre.

Nabila

P.S.: Pardonnez-moi mais je vois que peu de gens vous ont écrit, alors... j'ai tenu à participer Monsieur le Comte. Permettez-moi de vous appeler Fersen, si cela ne vous dérange pas. Je sais que ma lettre est longue mais elle a pour seul but de vous avertir de la participation de sa Majesté l'ex-Reine de France (si je puis dire) Marie-Antoinette. Son adresse est Marie-Antoinette@dialogus2.org



Chère Nabila,

Je suis content d'apprendre que ma reine peut toujours exister grâce à ce jeu de correspondance, mais, voyez-vous, il m'est impossible de lui écrire car ce serait de jouer sur son avenir, qui est déjà du passé pour moi. Je ne voudrais pas l'attrister plus qu'elle ne l'est déjà, car je connais son futur et je n'ai aucun moyen de la sortir de là.

Combien de fois avons-nous rêvé que nous étions tous les deux de petite noblesse ou de simples roturiers et que nous pourrions nous enfuir de Paris, de la Cour et afficher notre amour et le vivre surtout. Mais comme je vous lis, je vois que même à votre époque, les histoires d'amour ne sont pas toutes des contes de fées...

Merci de m'écrire

Axel de Fersen