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Affrontement |
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| Un cavalier en harnois gris, bouclier et lance en main,
arrive vers ton repaire. Tirant une corne de sa ceinture, il commence à
souffler dedans, émettant un son grave et continu, cherchant à attirer
ton attention. «Montre-toi Fafnir! Moi, Éméolan, Paladin du Coeur, je viens te défier au combat comme il me fut ordonné! Pour tout le mal que tu sèmes autour de toi, la peur que tu engendres, ta vie dans ce monde va s'achever aujourd'hui! Allez, montre-toi!» Le cavalier, faisant tourner sa monture en cercle, leva sa lance en signe de défi. Fafnir, le grand dragon, dérangé par un bruit incessant s'éveille
en baillant, laissant paraître une gueule béante. D'un pas lourd il se
dirige vers l'entrée de sa demeure. «Par tous les Saints!», s'exclama à voix basse le Paladin, levant les
yeux vers l'immense créature. Serrant son bouclier contre lui et
toujours sa lance dans l'autre main, il entreprit de descendre de cheval
avec son armure complète. Il maudit intérieurement son écuyer qui avait
refusé de l'accompagner, craignant trop pour sa vie, le chevalier
tentait donc de passer sa jambe gauche au-dessus du cheval, celui-ci
restant de marbre, sûrement pétrifié par le dragon. Une longue minute
plus tard, le cavalier était à terre, se tenant bien droit, il fixa un
moment le regard de Fafnir. Il posa sa lance sur le sol, et vint tirer
l'épée de son fourreau, accroché au cheval, sentant que le dragon devait
s'énerver de le voir faire. Le Paladin s'avança de quelques pas en
direction du dragon, et posa un genoux à terre, tendant le bras porteur
de l'épée en avant, la lame plantée dans le sol, la tête levée vers
Fafnir. Aucune peur ne semblait naître dans ces paroles. «Dragon!
Puissant Fafnir, je suis Éméolan, Paladin du Coeur de l'Église d'Odin,
envoyé ici pour mettre fin à tes jours. Tu as été jugé comme une
créature maléfique, et dangereuse pour le monde et sa population. La
sentence est tombée, tu devras t'y plier ou je jure sur mon honneur, de
tout tenter pour t'y convaincre. Tu dois donc quitter ces terres avant
la tombée de la nuit, partir pour ne plus jamais revenir, condamné à l'éxil
pour le restant de tes jours! Ou bien, je devrai te provoquer en duel,
même si je n'ai pas la puissance, ni les pouvoirs d'un dieu, je possède
deux choses capables de te repousser: le bouclier d'Amanne, réputé pour
résister à de très grandes chaleurs et Céleste, bénie par les Prêtres
d'Odin, divine arme qui te conduira à ta perte.» Des frissons parcoururent l'échine du dragon... Enfin un humain qui en vaut la peine... Cela fait si longtemps, le dernier n'était qu'un imbécile en mal de gloire, mais celui-ci est différent, il se bat pour ce qu'il croit être justice, avec son coeur... La perspective de ce combat où s'affronteront des passions, éveilla en Fafnir une sensation depuis longtemps oubliée... L'excitation. Cependant le dragon n'avait pas été sourd aux propos du paladin. Des humains qui se permettent de juger et de condamner un dragon, je me suis montré beaucoup trop clément en évitant d'être cruel, ces êtres ont oublié où est leur place... Temps est venu de leur rappeler. D'un revers de main le dragon fit disparaître le globe flamboyant qui s'y tenait. Le flux de magie qui parcourait Fafnir se fit plus intense, les pupilles de ses yeux opalescents se rétractèrent, tout était calme, ne demeurait que le bruit des crépitements d'éclairs qui apparaissaient entre ses ailes, une douce brise effleura la cime des arbres ainsi que sa cuirasse. Même si cet humain lui prometait un combat intéressant, ceux qui avaient suscité sa colère ne se tenaient pas là, devant lui... Quoi qu'il arrive il demanderait à Odin la tête des prêtres qui avaient osé le juger... Déjà Fafnir remarqua quelques dryades, elfs, lutins et autres habitants de sa forêt cachés pour assister à la rencontre, soudain sa voie grondante, résonna à travers la lande: «Éméolan, Paladin du Coeur de l'Église d'Odin, tu prétends être juste et pourtant tu appliques une sentance prononcée, par des couards qui se sont bien gardés de venir à un procès auquel je n'ai pu défendre mes intérêts... Je n'ai représenté un danger que pour les pauvres inconscients qui, comme toi, se sont présentés à moi avec la ferme intention de me tuer ou de me voler... Et si malgré l'injustice flagrante qui guide tes actes tu désires encore te battre, prépare-toi car je suis Fafnir fils de Hreidmar le magicien, j'ai conquis et habité ces landes bien avant la naissance de tes plus anciens aïeux et j'entends y demeurer bien des générations après ton bref passage sur ce monde.» Le regard de Fafnir se posa successivement sur les armes du paladin, il banda ses muscles, qui jouèrent sous son épaisse cuirasse et s'ouvrit encore à la magie qui maintenant brûlait en se déversant en lui. S'apprêtant à prendre son envol il battit de ses ailes, ses dernières soulevèrent la poussière du sol par puissantes rafales, et donnant une impulsion pesante, laissant deux empreintes bien distinctes dans la terre, Fafnir prit son envol au-dessus de la clairière où il se tenait un instant plus tôt. Dévisageant le paladin qui semblait faire abstraction de sa peur, Fafnir gronda: «Eméolan, décide de ton avenir, combattre pour une cause qui ne relève pas de la justice, qui n'est donc pas la tienne si tu te dis être un paladin ou bien combattre pour ta survie, pour te sentir vivant... Ton choix déterminera l'issue du combat aussi bien pour toi que pour moi...» «Temps est venu de faire ton choix paladin! Choisis!» rugit Fafnir. |
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