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Salut à toi Eumachia,
J'ai rencontré avec émotion la statue qui
t'immortalise, toujours en place dans l'édifice que tu as offert aux marchands
d'étoffes de ta belle ville. À voir ton visage, je me suis dit que tu t'étais
retrouvée veuve bien jeune. T'es-tu
remariée?
Amicalement,
Marie-Louise.
Salut à toi Marie-Louise,
Je crois que l'on est toujours trop jeune pour
perdre l'époux que l'on a aimé...
Non, je ne me suis pas remariée; je
voulais conserver l'administration de nos affaires et l'héritage de mon fils à
l'abri de tout beau-père intéressé. Et puis je n'ai pas connu d'homme qui puisse
se comparer à mon défunt, ni mériter ma confiance, voilà tout! Dans le monde où
je vis, être veuve et fortunée est tout de même une situation privilégiée pour
une femme.
Porte-toi bien,
Eumachia |