Lettre de Marguerite de Valois
       
       
         
         

Marguerite de Valois

      Usson, ce XXIIème jour de novembre 1593

Ma très chère cousine,

Je tenais seulement à vous envoyer cette courte missive pour vous faire part de la joie que j'ai éprouvée en vous voyant de ceux qui, par leur présence, enrichissent le site de Dialogus. Comme vous le dites si bien dans votre lettre d'acceptation, nous femmes aussi avons une histoire, et il faut que nous la fassions valoir dans ce monde dominé par des hommes souvent moins aptes à exercer d'importantes fonction que le serait une femme de même qualité.

Ce que je désire par dessus tout, c'est qu'entre nous se développe une riche et inspirante correspondance. Je sens que, malgré tous ce qui nous sépare, nous avons beaucoup de choses en commun.

Votre plus fidèle et meilleure amie et cousine,

MARGUERITE

 

       
         

Elizabeth 1ère

      Londres, ce XIème jour de décembre 1593

Madame,

Je ne répondrai que très brièvement à votre missive.

Il est étonnant de constater avec quelle liberté vous nous associez toutes les deux.

Il est vrai que nous sommes femmes toutes les deux, mais je suis reine d'un empire et vous êtes une reine de province. Je suis une femme respectable et rigoureuse, vous êtes française, frivole et promiscueuse. Je n'ai nullement envie d'être associée de quelque façon que cela soit à une femme aussi vulgaire que vous.

J'ai révolutionné un siècle, j'ai redoré le blason d'une Angleterre en décrépitude. Vous avez accueilli dans votre lit le royaume de France, du roi votre frère, aux plus bas manants de vos territoires. Et de plus vous avez accueilli chez vous ma catin de cousine, la Stuart. Je pense être claire en disant que je n'ai rien à voir avec vous. Nous n'avons rien en commun.

Élizabeth 1ere

Reine incontestée d'Angleterre, de France, d'Irlande, des colonies et protecteur de la foi, par notre Dieu bien aimé et le grand et bon Roy Henry le Huitième.