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Elizabeth 1ère

     
   

Élisabeth, reine de France

    Madame,

«Aimer une femme intelligente est un plaisir de pédéraste», dira dans un peu moins de trois siècles un poète maudit (1). Si l'idée est vraie, il faut croire qu'à la cour d'Henri III, vous n'auriez pas manqué de soupirants.

Et moi aussi je soupire, Madame, en voyant qu'à la fin de vos lettres vous vous proclamez reine de France, et il est vraiment dommage qu'une souveraine telle que vous n'ait pas régné effectivement sur notre pays. Je rêve à une campagne victorieuse qui aurait chassé les Valois d'un trône qu'ils ne méritaient pas et sur lequel leurs droits étaient fort contestables; vous vous seriez assise à leur place, auriez libéré les Français de la tyrannie romaine, et non seulement rétabli la paix et protégé les lettres et les arts, mais développé l'agriculture et le commerce, ainsi que l'industrie qui commençait à naître.

Que Votre Majesté accepte que Son humble admirateur Lui baise respectueusement la main

Louis Roubiac
Professeur d'histoire à l'Université Populaire
d'Argenton-sur-Creuse

(1) maudit surtout par les élèves, forcés de l'étudier en classe.



Bonjour cher Monsieur,

Je vous suis très reconnaissante du mot que vous m'avez fait parvenir. Je suis heureuse de constater que dans plusieurs siècles, il restera encore des gens dignes d'être sujets anglais.

Une précision, il est vrai que je ne suis pas reine de France, en fait j'ai des possessions en France, conquises au fil du temps. Il me plaît de temps à autre, afin d'énerver ces Valois, de signer mes correspondances comme reine de France.

Recevez, Monsieur, mes salutations les meilleures.

Élizabeth 1ère

Reine incontestée d'Angleterre, de France, d'Irlande, des colonies et protecteur de la foi, par notre Dieu bien aimé et le grand et bon Roy Henry le Huitième.