Voyages interstellaires
       

       
         
         

michelprovencherx@videotron.ca

      Pour moi, les voyages interstellaires sont impossibles. Déplacer un vaisseau spatial à une vitesse d'une fraction non négligeable de celle de la lumière, ferait qu'une collision avec le plus minuscule grain de poussière ferait se désintégrer le vaisseau; fut-il fait du matériau le plus résistant qui soit.

Serait-il possible que, plutôt que de ce déplacer, nous déformions l'espace temps devant le vaisseau de façon à tirer vers celui-ci, comme sur un drap, la zone de l'univers cible de notre voyage
«statique»? Quel délire ma foi! Mais j'aimerais bien connaître votre avis sur ce sujet.

Merci de vous intéresser à ma question et j'attends votre réponse à ma question pour le moins lubrique.

Michel Provencher

 

       
         

Albert Einstein

      Cher monsieur,

Votre message est loin d'être du délire. Il est en effet bien connu que plus un vaisseau va rapidement, plus un impact avec un objet, si petit soit-il, aura de conséquences fâcheuses. Nos ingénieurs de l'avenir auront du pain sur la planche pour remédier à ce problème. Sans doute pourrait-il être possible de réaliser un champ de protection autour du vaisseau.

Pour ce qui est de votre mode de propulsion, même si l'idée de courber l'espace-temps devant le vaisseau n'est pas bête, deux remarques s'imposent. Premièrement, si le but est de courber l'espace-temps suffisamment pour y attirer le vaisseau, il faudrait une masse gravitationnelle immense, qui dépasserait de beaucoup celle du vaisseau. Si le vaisseau devait emmener avec lui cette masse, il lui faudrait de l'énergie pour la propulser, bref, le gain serait nul. Deuxièmement, si le vaisseau n'a pas besoin d'emmener avec lui la masse (un peu comme un grain de poussière qui est attiré par le tourbillon lorsqu'on retire le bouchon du bain), il faudra tout de même qu'une force quelconque agisse pour déplacer la masse gravitationnelle/pseudo trou noir, devant le vaisseau.

Albert Einstein
         
         

michelprovencherx@videotron.ca

      Evidement, seule une grandiose énergie sous forme de masse (quantité de matière) peut déformer de façon significative l'espace-temps. Mais si l'homme est destiné à voyager à travers la Voie Lactée, je suis certain que ce ne sera pas en se déplaçant. Ça n'a pas de sens! La vitesse de la lumière est désespérément lente à cette échelle; imaginez une fraction de celle-ci! Il nous reste sûrement de très grandes découvertes à faire dans le domaine de la physique et peut-être parmi celles-ci, celle qui nous permettra de tricher.
         
         

Albert Einstein

      Cher ami,

Il est vrai que peu importe le moyen de propulsion, la vitesse de la lumière constituera toujours un mur infranchissable. Cependant, ce serait nier les effets de la relativité que d'estimer que nous ne voyagerons jamais à travers notre galaxie.

Savez-vous qu'en raison de la vitesse, les distances se contractent? La galaxie la plus proche de la nôtre, Andromède (M-31), se trouve à deux millions d'années-lumière. Si un vaisseau quittait la Terre aujourd'hui, à 99.999999999999999 % de la vitesse de la lumière, le voyageur ne prendrait que TROIS jours pour atteindre Andromède, en raison de cette contraction des distances. Cependant, pour nous, observateurs de la Terre, le vaisseau prendrait deux millions d'années pour se rendre.

Je vous invite à lire mon message intitulé Le voyage dans le temps.

Albert Einstein
         
         

michelprovencherx@videotron.ca

      La contraction des distances doit être bien relative non? La lumière met-elle bien 2 millions d'années pour nous parvenir d'Andromède? D'ailleurs, où se trouve-t-elle en ce moment? Puisqu'elle se déplace, nous ne percevons que la lumière émise par elle il y a 2 millions d'années, alors qu'elle était à un certain endroit qui ne peut être le même qu'en ce moment!? Donc, si je comprend bien, en me rendant en 3 jours à la source lumineuse d'Andromède, je reculerais dans le temps (d'Andromède) et en revenant, encore en 3 jours, j'aurai avancé de 2 millions d'année dans l'histoire de la Terre. C'est logique mais, ce n'est pas satisfaisant pour un voyage intergalactique tel que je le souhaite possible.

Merci de votre réponse et à bientôt cher Albert.
         
         

Albert Einstein

      Je ne sais trop quoi ajouter à vos remarques tellement elles sont justes. La contraction des distances est effectivement relative, mais bien réelle pour celui qui voyage.

La lumière met effectivement deux millions d'années pour nous parvenir d'Andromède. Où se trouve-t-elle en ce moment? Elle se trouve à peu près à deux millions d'années-lumière de nous, mais vraiment pas là où nous la voyons dans le ciel. D'ailleurs, «aucune» étoile ne trouve à l'endroit où nous la voyons.

Vous avez raison sur le voyage aller-retour, ce n'est pas satisfaisant pour ceux qui rêvent de voyages intergalactiques, mais c'est bien la réalité de la physique.

Albert Einstein