Votre secret, et la relativité restreinte |
|||||||||||||||||||
![]() |
|||||||||||||||||||
| Bonjour, Juste une petite question qui me traverse l'esprit: quel est votre secret? Comment avez vous pu découvrir toutes ces choses, la théorie de la relativité...? Au passage, pourriez-vous m'expliquer cette fameuse théorie de façon simple? Jusqu'à présent, aucun de mes profs n'en a été capable... Mymy |
|||||||||||||||||||
|
|
|||||||||||||||||||
| Pardonnez-moi pour le retard, je suis extrêmement pris. Mon secret, comme vous dites, a toujours consisté à m'intéresser aux choses simples sur lesquelles la plupart des gens ne s'arrêtent pratiquement jamais. Comme par exemple, quand je regarde le mouvement tourbillonnant des feuilles de thé dans ma tasse, je tente de mettre ces mouvements en équation et de les appliquer à autre chose, comme la forme des galaxies spirales. D'ailleurs, quand on brasse le thé, certains débris de feuilles ou autres petits résidus plus denses que l'eau ont tendance à être ramenés vers le centre. Alors que la plupart des gens s'attendraient à les voir repoussés vers l'extérieur sous l'effet de la force centripète, je fus le premier à expliquer ce paradoxe, en 1926, en mettant en scène le frottement du liquide sur le fond de la tasse, ce qui diminue la vitesse de rotation du fluide. La force centrifuge, variant comme le carré de la vitesse de rotation, est donc plus faible au fond de la tasse que sur le reste, ce qui amène, grosso modo, les petits débris vers le centre. On raconte à cet effet que j'aurais ainsi, par cette explication, contenté la curiosité de madame Schrödinger, ce que son mari, le célèbre physicien, n'arrivait pas à faire. Sur le plan de la géophysique, on peut utiliser le même raisonnement pour expliquer la formation des méandres dans les fleuves. Bref, vous voyez, que la simple observation d'une tasse de thé peut amener l'esprit à réfléchir sur des phénomènes physiques. Mon oncle Jacob m'a initié très jeune à l'algèbre. De plus, mon père était un ingénieur d'expérience et c'est de lui que j'ai reçu l'impulsion première en mathématiques. «C'est une science amusante, me disait-il; quand l'animal que nous sommes en train de poursuivre ne peut pas être attrapé, nous l'appelons «x» momentanément et nous continuons la chasse jusqu'à ce qu'il soit dans le sac.» Vers 5 ans, mon père m'a montré une boussole de poche. La mystérieuse propriété de l'aiguille aimantée, toujours pointée dans la même direction, quelle que fût l'orientation de son cadre, me fit une très forte impression. Bien que rien de visible ne fît mouvoir l'aiguille, j'en conclus que quelque chose qui attire et tourne les corps dans une direction particulière doit exister dans l'espace considéré comme vide. Ce fut l'une des impressions qui plus tard me conduisirent à réfléchir aux mystérieuses propriétés de l'espace vide. Vous voyez que c'est de simples choses, avec de la curiosité et de l'intuition, qui me poussent à en expliquer le fonctionnement. Pour ce qui est de la théorie de la relativité, comme vous ne spécifiez pas laquelle (il y en a deux, la restreinte (1905), et la générale(1916)), je vais vous parler de la restreinte. En 1905, après avoir obtenu mon doctorat à l'université de Zurich pour une thèse théorique sur les dimensions des molécules, j'ai publié quatre articles théoriques qui se révélèrent d'une importance capitale pour le développement de la physique du XXe siècle (dit-on). Publiés dans la revue scientifique allemande Annalen der Physik, ces mémoires étaient ainsi titrés:
En fait, c'est le premier article qui m'a valu le prix Nobel en 1921, mais c'est le troisième qui décrit la théorie de la relativité
restreinte. Pourquoi la relativité? Je vais tenter d'abréger. À cette époque, la théorie de l'éther (espaces et temps absolus) ne me convenait pas, et je fus amené à réviser les notions de mesure d'espace et de temps, ce qui me conduisit à développer une théorie fondée sur deux postulats: le principe de la relativité, stipulant que toutes les lois de la physique sont similaires dans tous les repères inertiels, et le principe de l'invariance de la vitesse de la lumière, énonçant que cette vitesse dans le vide est une constante universelle. Voilà en gros les préceptes de la relativité restreinte. De ces préceptes découlent deux grandes idées: la dilatation du temps et la contraction des longueurs. Le quatrième article est en fait un corollaire du précédent, et décrit entre autre la fameuse équation
E = MC2.
Au repos, l'objet ne se déplace que dans la dimension temporelle et pas du tout dans les dimensions spatiales. |