Réalités probables
       

       
         
         

athon1@tiscali.fr

      Bonjour à tous 

Je viens de tomber par hasard sur ce site qui parle du voyage dans le temps.

Pardonnez mon manque d'instruction mais il m'arrive parfois (et cela n'est pas une mince affaire) de faire appel à mon bon sens, vu que ce que l'on appelle la logique cartésienne ou le bon sens scientifique, et qui n'est que le privilège des érudits, me fait clairement défaut. 

Donc, sur ce site je lis que M. Einstein nous y explique qu'il sera toujours impossible de voyager dans le passé. Je cite:

« Sur le fond il sera toujours impossible de voyager dans le passé, en raison principalement du fait que cela briserait le principe de causalité (ou flèche du temps), à savoir qu'un effet doit être précédé d'une cause. Toute expérience remettant ce principe en question créerait une boucle temporelle».

Partant du principe que le concept de temps absolu n'est qu'une réalité qui ne concerne que l'idée que nous nous faisons de celle-ci, il a parfaitement raison. Mais sommes-nous vraiment persuadés que le présent que nous vivons est la seule et unique réalité, et non pas une réalité probable?

Je m'explique: Ce que je me permets de nommer réalité probable est une notion qui ne s'inscrit nullement dans une idée linéaire du temps. Ainsi, tant que nous considèrerons notre réalité comme la seule et unique réalité existante rien ne pourra y être modifié, pas plus dans le passé que dans le futur?? Nous avons déjà avec ce concept rigide tellement de mal à nous mouvoir dans ce qui est notre présent.

Mais si l'on accepte que tout ne soit que probabilités notre vie et notre monde peuvent changer, et la notion de voyage dans le temps prend alors une autre dimension.

Je ne sais plus quel philosophe a dit: «Le monde que je vois est le monde que je suis et le monde que je suis est le monde que je crois». Si l'on applique son raisonnement à la lettre cela implique alors que le monde que je vois est le monde que je crois, et cela nous ramène ainsi à la théorie des réalités probables.

Nous vivons donc, non pas dans LA réalité, mais dans UNE réalité probable.

Par ailleurs M. Einstein nous rappelle, je cite:

«Le principe de causalité est même la principale raison pour laquelle la lumière DOIT avoir une vitesse limite, c'est à dire c, ou 300000 km/s. Sinon, si quelque chose pouvait aller plus vite que la lumière, il deviendrait possible à un projectile d'atteindre une cible alors qu'un observateur n'ait pas encore vu la balle sortir du fusil, ce qui briserait le principe de causalité».

Et cela est logique, mais ne s'appuie nullement sur une logique multivalente. 

Car il existe une chose à ma connaissance qui aille plus vite que la lumière, c'est la pensée et là vous me permettrez une légère parenthèse, pour rappeler, bien que je ne fasse partie d'aucune secte, église ou autre que ce que les croyants appellent depuis des millénaires, la foi, n'est rien d'autre que l'accès par la pensée à une autre réalité? Probable.

Je pense donc je suis?? est peut être à envisager avec un autre regard.

Le concept de réalités probables nous dispense ainsi pour des raisons que vous comprenez aisément, par sa logique et sa simplicité, des problèmes de paradoxes temporels qu'impliquerait un voyage dans le temps dit classique.

Il est un accès fondamental à une autre vision du temps et à une autre vision de l'être.

Oui le voyage dans le temps est possible. La théorie des réalités probables n'est pas un concept new age ou simplement philosophique, elle est la vie. Le voyage dans le temps n'est pas une utopie, et les théories de nos scientifiques ne se limitant toujours qu'à leurs propre croyances ne feront que limiter les gens qui y adhèrent. 

N'étant pas un maître de science je n'ai nullement besoin de me rassurer en niant tout ce dont je n'ai pas fait la preuve sur papier ou par des théories mathématiques.

Le monde est bien plus qu'une théorie??? A chacun d'en faire son expérience.

Salutations.

Athon

 

       
         

Albert Einstein

      Cher Athon,

Votre message contient plusieurs éléments demandant une réponse séparée. Voyons voir.

En ce qui a trait aux réalités probables et, pourquoi pas, aux multivers et autres univers parallèles, j'ai abordé ce sujet dans un certain nombre de messages. Vous partagez les idées défendues par Richard Feynman. En vulgarisant au possible, disons que ce dernier est un partisan, pour ne pas dire un artisan, de la théorie qu'une particule suit toutes les trajectoires probables, d'où la déduction que l'univers peut être représenté par la somme de toutes les histoires possibles. Même si Feynman est un chercheur redoutable que je respecte énormément, je ne partage pas son point de vue. Je vois en l'univers une et une seule réalité, celle que nous observons.

Concernant les probabilités, dois-je encore me répéter? Dieu ne joue pas aux dés.

Vous dites que la pensée va plus vite que la lumière. Je dois vous contredire fortement sur ce point et mentionner qu'il n'y a absolument aucune prétention scientifique derrière une telle affirmation. À ce que je sache, la pensée est issue du processus cognitif intrinsèque engendré par la somme des échanges neuronaux du cerveau. Les échanges neuronaux sont produits par transmission de neurotransmetteurs entre les synapses d'un neurone, généralement situées sur les terminaisons axonales de celui-ci, et le corps cellulaire d'un autre neurone. Ces neurotransmetteurs, des médiateurs chimiques en fait, sont, entre autre, l'acétylcholine (ACTH), la dopamine, la sérotonine. La propagation de l'influx nerveux le long de l'axone coïncide avec les échanges d'ions sodium (Na) et potassium (K) à travers les canaux qui sont commandés par les variations de potentiel transmembranaire. Tout ça, simplement pour dire que le temps de transmission d'un seul potentiel d'action se mesure en millisecondes. Nous sommes très loin d'une transmission à la vitesse de la lumière.

De plus, ma théorie de la relativité restreinte ne dit pas que RIEN ne peut aller plus vite que la lumière, mais qu'aucune information, ne peut aller plus vite que la lumière. Je vous donne un exemple. Supposez un crayon debout sur une feuille blanche, avec une lumière derrière. Avec un stylo, faites un point sur la feuille, là où l'ombre de la pointe du crayon se trouve. Avec le doigt, couchez lentement le crayon jusqu'à l'horizontale. En même temps, avec le stylo, dessinez sur la feuille l'arc de cercle formé par l'ombre de la pointe qui se déplace à mesure que vous couchez le crayon. Selon la formule d=vt, vous pouvez déterminer la vitesse réelle parcourue par la vraie pointe du crayon. Vous remarquerez également que l'ombre aura parcouru une plus grande distance que la vraie pointe. Donc, l'ombre de la pointe se déplace plus rapidement que la vraie pointe, puisque les deux finissent en même temps au même endroit. Ainsi, si vous descendez le crayon à la vitesse de la lumière, l'ombre ira plus vite que la lumière, et cela n'entre pas en contradiction avec la relativité restreinte, l'ombre étant immatérielle et ne portant en elle aucune information.

Le philosophe que vous recherchez est possiblement René Descartes, ou alors Bertrand Russell.

Vous n'êtes pas un maître de sciences, vous le dites vous-même, mais cela ne vous donne pas automatiquement le droit de nier ce que vous ne pouvez pas prouver mathématiquement. Les deux propositions ne sont pas reliées par un lien de cause à effet. Je présume que vous n'avez ni les connaissances ni les moyens de calculer l'orbite de Pluton, cependant, vous auriez beau affirmez qu'en raison de cette méconnaissance Pluton orbite quelque part entre Vénus et Jupiter, vous n'en seriez pas moins dans l'erreur. Voilà le point chaud de votre argumentation. Ce qui est prouvé scientifiquement n'est contestable par personne. La science crée la foi, et non l'inverse.

En d'autre mots, une bonne partie de votre argumentation repose sur des postulats métaphysiques.

Pour terminer, vous dites que le monde est bien plus qu'une théorie. Qu'en savez-vous? Au contraire, le monde DOIT être explicable, et sera un jour expliqué, mathématiquement et scientifiquement, par le biais d'une ou plusieurs équations, que les plus grands chercheurs de votre époque n'ont pas encore trouvées. Cette équation ne fera pas appel aux probabilités. Il sera peut-être ardu de la définir, car le chemin de la connaissance est parsemé d'embûches, mais nous y arriverons, et ce jour-là, nous serons éblouis par sa beauté et sa simplicité, car ce jour-là, je vous le dis, ce n'est pas une simple équation que nous contemplerons, mais bel et bien le visage de Dieu.

Albert Einstein


 



 

athon1@tiscali.fr


 
Cher M. Einstein,

Je viens de vous lire avec un grand intérêt et un grand plaisir et tout me porte à croire d'après cette lecture que vous possédez une grande culture.
Une grande connaissance... oui.

Ainsi lorsque vous dites qu'une bonne partie de mes argumentations reposent sur des postulats métaphysiques, je suis d'accord, comment ne pas l'être.

Par contre pourriez vous m'expliquer alors sur quoi reposent les vôtres lorsque vous dites: «Dieu ne joue pas aux dés» ou bien «car ce jour-là, je vous le dis, ce n'est pas une simple équation que nous contemplerons, mais bel et bien le visage de Dieu.»

Sur quoi repose votre notion du Divin si ce n'est sur des postulats métaphysiques?

Vous continuez ainsi: «le monde DOIT être explicable, et sera un jour expliqué, mathématiquement et scientifiquement, par le biais d'une ou plusieurs équations, que les plus grands chercheurs de votre époque n'ont pas encore trouvées».

Que de probabilités dans une seule phrase.

Ensuite vous dites: «Cette équation ne fera pas appel aux probabilités.(Ben voyons) Il sera peut-être ardu de la définir, car le chemin de la connaissance est parsemé d'embûches, mais nous y arriverons, et ce jour-là, nous serons éblouis par sa beauté et sa simplicité, car ce jour-là, je vous le dis, ce n'est pas une simple équation que nous contemplerons, mais bel et bien le visage de Dieu».

Ainsi si je vous suis bien lorsque je parle de Dieu c'est en probabilité, vous... en vérité?

Ensuite si encore une fois je vous suis bien, il suffit de mettre une équation sur quelque chose pour lui donner vie?

Donc depuis des millénaires, des milliards d'êtres humains croient à un Dieu qui est une simple hypothèse abstraite, sous prétexte qu'ils ne peuvent le définir clairement ?

Et vous par une simple équation, vous allez révéler ce que les érudits de votre acabit ont nié pendant des millénaires.

Alors puisque vous parlez de Dieu je vous rappellerai qu'un chapitre des écritures commence ainsi: «Au début était le verbe...» Le verbe, pas le chiffre, pas plus que l'équation.

Il est dit aussi plus loin «Que ces choses là (les mystères de Dieu) seront cachées aux savant et aux érudits et seront révélées aux petits».

Preuve que ce n'est pas avec son intellect ou sa science que l'on aura accès à Dieu.

Maintenant vous pouvez toujours nier ce qui est écrit. Seulement les bases de nos religions occidentales sont l' ancien (La Torah pour les Hébreux) et le nouveau testament. Ils comprennent, dans leur version les plus expurgées plus de 1400 pages, et nous présentent les seuls concepts que l' on a de la divinité. Car les seul concepts que vous avez vous aussi de la Divinité ne sont pas autre chose que ces écritures.

Nier ces écritures, c'est nier aussi l'idée du Dieu que nous ont présentée les anciens.

Nier l'idée de ce Dieu... parce que cette idée là ne nous convient pas, et y projeter ses propres peurs et limites sur une conception mathématique et scientifique de la Divinité, c'est pourtant admettre aussi que l' idée d'un Dieu est crédible, et donc que ce qui est écrit à son propos aussi.

Vous dites aussi «La science crée la foi, et non l' inverse».

A vous lire on le voit bien. Seulement la foi est basée sur le ressenti, sur la croyance, sur l' émotionnel, pas sur la connaissance quelle qu'elle puisse être. Maintenant je comprends que votre foi, du moins l' idée que vous vous en faites, puisse être basée sur la science, mais elle ne se limite qu'à croire en ce qui est concret, palpable et concevable uniquement par vous.

Lorsque le sage avance que «L' absence de preuve n'est pas la preuve de l' absence», le scientifique revendique que «Ce qui est prouvé scientifiquement n'est contestable par personne». 
Seulement personne ne conteste, sinon lui.

Depuis la nuit des temps le monde est divisé par les scientifiques et les religieux.

C'est ainsi qu' ils ont divisés leur concept de la vérité en deux: La science nous expliquera ce qui lui est explicable, l'inexplicable le sera par la religion.

De tout temps la religion a attribué à Dieu tout ce que la science ne pouvait expliquer, mais maintenant voilà les scientifiques qui arrivent à la charge et qui s'en mêlent et qui s'attribuent tout ce que la religion avait attribué à Dieu, sous prétexte maintenant qu'elle peut le définir.
Bientôt nous prierons devant une croix remplie d'équations.
Cela vous rassurera peut-être, mais ne sera pas plus efficace. 

Ensuite je ne dis pas que je nie ce que je ne prouve pas, je dis que les scientifiques nient ce dont ils n'ont pas fait la preuve scientifique, c'est ainsi qu'ils démontrent qu'ils ne se sont pas des chercheurs mais qu'ils se prennent pour des créateurs... «Je pense donc je crée» ou «Je prouve donc cela existe».

Si vous niez ce dont vous ne faites pas la preuve scientifiquement, rien de tout ce que vous avez nié auparavant ne pourra être découvert. Car cela démontrerait que vous êtes dans l'erreur.

Alors vous ne découvrez plus, vous créez.

Nier ce qui n'est pas prouvé par une équation, c'est réduire l'amour à un simple échange chimique et électrique.

Le scientifique a la fâcheuse tendance de croire qu'il a le monopole de la pensée juste, dont l'unique forme de raisonnement a valeur de preuve... quoi de plus rassurant pour des personnes qui ne fonctionnent qu'avec leur tête.

Le problème de la science est de vouloir mettre une étiquette sur tout.
Le scientifique c'est tout... mais rien de plus.

Ensuite lorsque je vous dis que le monde est bien plus qu'une théorie, vous me répondez: « Qu'en savez-vous? Au contraire, le monde DOIT être explicable... etc.». Voici la définition du dictionnaire Flammarion: Théorie: Connaissance s'arrêtant à la spéculation, sans passer par la pratique.

Si vous admettez que le monde n'est pas, bien plus qu'une théorie, vous admettez ainsi que mes probabilités et mes spéculations ont autant de cohérence et de logique que vos équations mathématiques, puisque s'il faut se fier à la définition, une théorie est une connaissance s' arrêtant à la spéculation, sans passer par la pratique. 

Si vous réfutez cela vous admettez que j'ai raison en disant « Le monde est bien plus q'une théorie??? A chacun d'en faire son expérience».

Le monde est là, et le nommer ne lui donne pas plus d'existence. Aucune de vos équations, si complexe fût-elle ne fera la preuve, qu'une réalité est moins certaine sous prétexte qu' elle n'est que probable et donc pas encore définie par une équation mathématique. 

Si vous pensez donc comme vos écrits semblent le démontrer que le fait de pouvoir définir une chose prouve son existence, il n'est pas encore venu le jour où la science contemplera le visage de Dieu.

Pour terminer, j'ai lu toute les questions/réponses de votre site et les réponses que vous y donnez sont bien souvent pleines de suffisance, de prétention et d' arrogance.

Usurper le nom de cette homme de génie ne vous en a pas attribué ses qualités d'âme.

Shalom M. Einstein et tâchez à l'avenir d'être un peu plus humble.


 



 

Albert Einstein


 
Monsieur,

J'aurais bien voulu argumenter sur chacun de vos points, mais, d'une part, cette argumentation serait vaine dans la mesure où je constate malheureusement que vous et moi ne partagerons jamais les mêmes vues sur ce que nous pouvons appeler la Foi, la Science, et les Probabilités. Là où j'utilise des figures de style, vous me prenez au mot.

D'autre part, vous me heurtez profondément par votre conclusion. Je viens de relire mes messages et je n'ai trouvé que très peu de démonstration de suffisance, de prétention et d'arrogance. Sans doute me direz-vous que cela constitue en soi une démonstration de prétention. En bref, je tente toujours d'être poli, et de répondre du mieux que je peux. Cependant, lorsqu'une question ne fait que démontrer la mauvaise foi du correspondant, je me sens agressé et il est alors possible que mon état d'esprit transparaisse dans ma réponse. Je vous cite en exemple les messages intitulés:

Y a-t-il une issue?
La relativité
Êtes-vous vraiment fou?
Meta-relativité psychédélique/éthylique
 

D'autres messages sont clairement issus de correspondants qui tentaient de me faire réaliser leurs travaux pratiques à leur place.
En voici quelques exemples:

Topologie des espaces vectoriels normés
Peux-tu répondre à ce problème?


D'autres messages sont à la limite de la politesse, mais acceptables, comme:

Henri Poincaré

Sans doute avez-vous décidé de faire mon procès à la lecture de mes réponses à ces messages. Grand bien vous fasse.

Finalement, je ne vois pas du tout de quelle usurpation vous voulez parler, à la fin de votre message.

Shalom

Albert Einstein