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J'aime beaucoup votre site que j'ai découvert seulement
aujourd'hui et j'espère pourvoir enfin éclaircir beaucoup de choses qui
me tiennent à coeur. D'avance merci de votre accueil et de votre
bienveillance. La machine à remonter le temps n'existe pas, vous avez
totalement raison et pourquoi? Puisque le temps lui-même n'existe pas,
alors que voulez-vous remonter les choses qui n'existent pas?
Mais, comme dans l'univers, tout est possible, nous pourrions peut-être
créer le temps et essayer de prouver qu'il n'existe pas! Cela pourra
nous occuper pendant de longues années... Vous pouvez bien sûr
transmettre mon message à Sinclair Dumontais, si vous ne voulez pas
répondre à ma question. Je vous remercie d'avance.
Bien cordialement
Liliana Vernet
Chère Madame,
Je ne vais pas transmettre votre lettre à Monsieur Dumontais pour la
raison que je vais y répondre. Je ne me sens nullement lié par vos
affirmations.
Pour ma part, je dis que le temps existe; la démonstration en a été
faite il y a de cela bien longtemps. Si vous affirmez le contraire, cela
ne devient qu'une question de point de vue, et nos points de vue
divergent.
Albert Einstein
Cher Monsieur Einstein,
La démonstration que le temps existait avait été faite il y a longtemps,
certes. Néanmoins, récemment, il y a eu une découverte en matière de
physique quantique qui démontrait le contraire, si j'ai bien compris! De
là, si dans la plus petite particule le temps n'existe pas, il ne peut
exister dans le macrocosme, c'est donc une illusion. Ou bien s'il y a
une telle divergence, quelque chose n'est pas vrai!... ou les deux sont
vrais... ou bien encore... et on pourrait multiplier les suppositions...
J'accepte votre point de vue même s'il diverge du mien, c'est vrai,
c'est juste une question de point de vue.
Liliana Vernet
Chère Madame,
Si vous voulez parler de l'expérience d'Alain Aspect ou de Suarez sur la
corrélation des particules, avec effet instantané à distance, et
abolition du temps dans le monde quantique, vous trouverez dans ma
correspondance plusieurs lettres dans lesquelles je réfute les résultats
observés. En cela précisément, c'est ici que je diverge d’avec la
mécanique quantique.
Albert Einstein
Mon Cher Einstein,
Je suis désolée d'insister, mais permettez-moi de vous dire que tout en
tenant compte de votre génie, il me semble absolument nécessaire de
s'ouvrir plus au monde en acceptant que certaines de nos opinions figées
puissent changer. C'est un peu comme l'histoire de l'univers en
expansion... Tout est instant en fluctuation.
Vous voyez, dans cet article, je n'ai pas retenu grand chose, étant
donné mon ignorance sans limites aussi bien physique que mathématique,
excepté le fait que le temps n'existe pas et que cela a été prouvé par
ces deux fameuses particules qui s'attendaient l'une l'autre avant de
poursuivre leur chemin.
N'est-ce pas une merveille de la nature? Et pourquoi
s'attendaient-elles? Vous êtes-vous posé la question? Je suis sûre que
oui, alors pourquoi ne pas se lancer dans une théorie, aussi farfelue
qu'elle soit, mais qui permettra peut-être de découvrir la Vérité? Tous
les grands de ce monde y ont été confrontés... pas vous?
Ceci dit, mon cher Einstein, libre à vous d'en faire ce que vous voulez.
Cordialement
Liliana Vernet
Chère Liliana,
Je suis désolé de vous contredire, mais je me considère comme quelqu'un
de très ouvert. C'est justement d'ailleurs mon ouverture qui m'a permis
de remettre en question toute la physique au tournant du siècle. Le
problème avec l'expérience que vous mentionnez, c'est justement que deux
particules ne peuvent pas s'attendre. Comme vous le dites vous-même,
comment une particule sub-atomique pourrait bien savoir que sa «jumelle»
l'attend quelque part. C'est bien là tout le problème de la physique
quantique. Bien sûr que je me la suis posée cette question. Bien sûr que
je cherche une réponse. Mais la réponse que je cherche ne vient pas de
la physique quantique. Moi, je ne pose pas comme préambule que les
particules «s'attendent», mais bien que, si elles «semblent» s'attendre,
c'est qu'il y a là quelque phénomène tout à fait naturel que nous ne
sommes pas encore en mesure de comprendre. Cette expérience peut sembler
comme un tour de magie pour le profane, mais je vous assure que c'est
tout ce qu'elle est.
Albert Einstein
Mon Cher Albert (permettez-moi cette familiarité qui m'honore),
Je vous dois des excuses quant à votre «ouverture/fermeture» dont je
vous ai parlé dans mon précédent message. En effet, je n'ai pas lu
toutes vos réponses à Dialogus, d'où ma forte réaction à ce que vous
disiez dans le message sur la machine à remonter le temps. Vous m'avez
légèrement agacée car cette réponse-là m'a semblé justement très fermée.
Mais après, j'en ai lu d'autres où vous sembliez justement très ouvert
et je me suis dit que vous jouiez de l'esprit et que peut-être le jour
de la réponse «dite fermée», vous aviez un mal de tête insurmontable, ou
que vous vous étiez tordu la cheville ou que le chauffage ne marchait
plus alors qu'il faisait -30° dehors ou toute autre bonne raison qui
avait fait que votre réponse était totalement métalliquement
scientifique. Enfin, bref, c'est juste pour vous dire que je sais que
vous êtes ouvert.
Bien sûr, je ne peux rien vous démontrer par a+b, ni même entrer dans
une discussion «scientifique» car je ne connais strictement rien en
physique tout court et encore moins en physique quantique et je
m'efforce de comprendre mais il y a ces deux choses qui reviennent comme
un boomerang, donc je reste là-dessus et je crois qu'il n'y a plus
d'espoir de me convaincre de quoi que ce soit à ce sujet:
1°) lorsque nous occupons notre esprit avec quelque chose qui nous
plaît, nous perdons la notion du temps, il s'efface et n'existe plus
(nous pouvons en avoir une nette perception ou plutôt la non-perception)
2°) si, dans la vie, l'homme aspire à une vie commune dans l'amour, je
ne vois vraiment aucune raison pour laquelle une particule, même sub-sub-sub-sub-atomique,
ferait autrement puisqu'elle fait partie de la vie au même titre que
nous... Elle peut faire tout ce qu'elle veut, pourquoi ne pourrait-elle
pas aimer? Ce serait contraire à la vie et alors, dans ce cas, vous ne
pourriez pas la voir, puisqu'elle n'existerait pas en terme de
«matière»! Et par-dessus le marché ça fait complètement débile de dire
qu'une particule sub-atomique puisse aimer!
Conclusion: je suis débile et il ne me reste plus qu'à aller à
Trois-Rivières pour descendre du bus!
Liliana
Chère Liliana,
Je suis effectivement très ouvert, mais vous avez cependant raison sur
un point quand à ma «fermeture». C'est justement lorsqu'on aborde la
mécanique quantique. J'ai passé une très grande partie de ma vie à
tenter de donner un sens à cette théorie, à tenter de l'intégrer dans
une théorie plus vaste, plus complète, intégrant la relativité générale
et l'électromagnétisme, et dans laquelle le hasard ne jouerait aucun
rôle. Je l'appelle la théorie des champs unifiés. Je ne désespère pas
encore de trouver une solution, mais je me fais vieux, et je sais bien
que mes jours sont comptés dans ce monde étrange. De plus, je suis le
seul à travailler là-dessus, comme si pour les autres la partie était
déjà jouée. C'est cela que je refuse et c'est là que je me ferme. Je ne
peux accepter qu'une théorie, aussi quantique soit-elle, donne place à
des résultats aussi aberrants, aussi aberrants en fait que votre
particule sub-atomique qui puisse aimer.
Bonne chance Liliana
Albert Einstein
Cher Albert, C'est étrange que ce soit justement le jour où j'ai
pensé à ma théorie de l'unité que je reçoive ce message! Vous pensez
bien que je ne pouvais pas faire autrement que d'être immédiatement
attirée par votre théorie des champs unifiés, d'autant plus qu'elle
s'inscrit parfaitement à ma réflexion et que... je n'en ai jamais
entendu parler. Vous pouvez tout de suite exclure le hasard car celui-ci
n'a aucune raison d'être.
Alors je me suis un peu penchée sur votre théorie de champs pour essayer
de comprendre, ne serait-ce qu'une minime partie de ce qu'elle
représentait pour vous et pour la mécanique quantique. J'ai trouvé un
texte (de je ne sais qui mais cela n'a pas d'importance) qui exposait
votre problème de manière relativement simple (enfin, hormis les
formules que je n'avais pas envie d'analyser) et je crois avoir compris
un peu. Il y avait un dessin, alors ça m'a beaucoup aidée et puis j'aime
les dessins.
Ce dessin s'appelait le «diagramme de Feynman». En lisant le texte qui
l'accompagnait j'ai été littéralement choquée par une multitude
d'incohérences (voire erreurs) ou d'incompréhensions. Donc je vais vous
faire la correction, selon ma théorie bien sûr, et je vous demande de
bien vouloir y réfléchir et me dire ce que vous en pensez.
Le dessin s'appelle aussi «la représentation de la collision élastique
de deux électrons» (pour votre information, si vous voulez le retrouver)
Voilà, je cite le texte et j'y insère mes remarques ou corrections:
1) Supposons que les 2 électrons se déplacent initialement à la même
vitesse (je ne sais pas pourquoi il suppose ça, mais soit).
2) Ils s'approchent d'abord puis s'éloignent l'un de l'autre le long
d'une droite dans l'espace qui est projetée sur l'axe des temps, dans le
sens des temps croissants (ça fait une longue phrase qui est pure
supposition de A à Z: ils s'approchent (1) d'abord (2) puis (3)
s'éloignent(4) l'un (5) de l'autre (6) le long(7) d'une droite(8) dans
l'espace (9) qui est projetée (10) sur l'axe (11) des temps (12), dans
le sens (13) des temps (14) croissants (15) Tiens, c'est étrange, il y
a, comme par hasard, 15 suppositions, ce qui nous donne 6! Vous savez,
celui de la devinette! Le hasard?!
3) L'électron à gauche émet un photon (la ligne ondulée), et pendant un
certain temps «delta t», il y a 2 électrons et un photon. OK
4) L'électron à droite absorbe ensuite le photon et l'interaction est
momentanément terminée. OK d'autres photons feront par la suite
l'aller-retour entre les électrons: là, je ne suis pas d'accord, ils
ne le font pas par la suite mais simultanément (mais pas tous)
5) La force moyenne est proportionnelle au taux de transfert de la
quantité de mouvement due à l'échange des photons (ça, je ne
comprends pas du tout)
6) La probabilité de l'émission ou de l'absorption de photons par une
particule est reliée à sa charge: ce n'est pas très clair, s'il
s'agit de la charge en énergie, je dirais que cette probabilité est une
certitude qui est plutôt liée à la nature de l'énergie émise ou absorbée
et non à l'énergie elle-même, ni à sa quantité
7) La force doit donc être proportionnelle au produit des charges en
interaction (en accord avec la loi Coulomb): je ne comprends pas
pourquoi il le dit ici?
[....] je vous épargne l'exemple de l'astronaute flottant dans l'espace
8) La collision présentée dans la figure (le dessin) est élastique,
l'énergie de chacun des électrons est inchangée dans la collision.
Alors là, comment peut-on dire un truc pareil? Bien sûr que si,
l'énergie ne change pas en terme de quantité mais en terme de nature:
c'est un mélange d'énergie initiale (EI) avec une nouvelle énergie (EN)
qui forment, elles, une autre énergie (EIN); d'ailleurs même, c'est
votre principe, monsieur Einstein.
9) Malgré cela, pendant un temps «delta t», le système contient une
quantité d'énergie supplémentaire correspondant au photon: là, je
suis presque d'accord, excepté le temps, car celui-ci n'a pas lieu
d'être [....]
Votre théorie des champs unifiés est approximative, excusez-moi, et ça
m'étonne de vous; je ne pense pas que vous ayez pu laisser tomber vos
recherches par la peur de la vérité. Ne l'avez-vous donc pas trouvée?
Conclusion: la mécanique quantique n'est pas exacte et est
illogique. Par conséquent, elle est un art au même titre que la
peinture, la littérature, la musique, etc.
J'ai un service à vous demander: pouvez-vous, s'il vous plait, vérifier,
par vos formules mathématiques (que je ne comprends toujours pas) mes
modifications et me dire quel en est le résultat (qui, selon moi,
devrait être «1»). Cela m'avancerait bien sur ma route. D'avance merci.
Liliana
Liliana,
Le diagramme de Feynman est partie prenante de la théorie dite
quantique, et présente l'interaction entre particules. Ma théorie des
champs se voulait une solution générale de la réalité. Malheureusement,
y travailler a pris au moins les trente dernières années de ma vie, et
si vous trouvez qu'elle est approximative, c'est alors que je ne suis
pas parvenu de mon vivant à élaborer la belle théorie symétrique qui me
tient tant à coeur. Mais je dois vous donner raison: si j'y parviens, la
solution devrait être 1, le plus beau chiffre, l'Unité qui fait UN.
Albert Einstein
Cher Albert,
Je ne sais pas en quoi consiste votre théorie symétrique et j'avoue très
franchement que je n'ai pas trop envie de me lancer dans cette analyse
ce soir, une autre fois, peut-être...
Car ce qui me préoccupe actuellement c'est la théorie des champs
unifiés... mais peut-être que la théorie symétrique a un rapport avec
ceci?
Je suis très contente que vous soyez devenu fan de moi et je vous en
remercie beaucoup. C'est un très grand honneur pour moi, soyez-en sûr.
Je vais vous présenter MA théorie des champs unifiés, que j'appellerai
la «théorie des crottes unifiées»; je suis malheureusement obligée de
changer le nom pour donner du volume (et je n'ai pas trouvé mieux); en
effet le mot «champs» évoque une signification de platitude ce qui ne me
convient pas du tout. Ce n'est pas parce que je n'aime pas les champs,
bien au contraire, mais dans ce cas précis, le mot est inadapté à la
situation. En revanche le mot crotte, dans ce monde, peut prendre toutes
les formes possibles et imaginables. N'y voyez aucune vulgarité mais
juste la forme.
Avant de vous expliquer ma théorie des crottes unifiées, je précise (ou
je rappelle) la signification des noms que vous avez donnée aux «2
trucs» (c'est vraiment très difficile de trouver les bons mots):
particule = parti! «look» (PL = 1) proton = vers toi (VT = 1) pour plus
de clarté, je vais choisir une autre particule «particule toi» (PT = 1)
si je rencontre sur mon chemin d'autres particules, je les appellerai
«particules autres» (PA = 1) Vous-même, vous vous appelez 1=1 (Ein ist
ein), donc je vous rejoins dans ce principe et je dis que la valeur de
toute chose est égale à 1, chaque chose est différente et peut se
composer ou non de différentes choses qui, elles, à leur tour sont 1et
forment un tout, soit 1. Je reviens sur ma promenade au soleil l'autre
jour, très précisément, je pensais à une mûre, un fruit, vous savez. Et
c'est l'exemple parfait que 1 = 1 mais il ne faut pas oublier qu'il est
indispensable d'oublier le raisonnement classique d'addition!
Alors voilà ma théorie des crottes unifiées: Imaginons qu'un PL émet un
VT qu'un PA absorbe; le PA émet un autre VT à un autre PA ou au PL; PL
et PA émettent des VT différents au différents PA
Vous comprenez le principe? ceci se multiplie dans tous les sens et
modifie à chaque fois la nature de PL et de tous les PA participants en
modifiant simultanément la nature et la forme la crotte dans laquelle
ils se trouvent ainsi plongés.
Lorsque le VT émis par le PL ayant été transbahuté entre les différents
PA dans différentes crottes arrive à VT, il ne peut avoir la même
structure mais il est égal à VT, donc = 1.
Puisque chaque crotte, qui s'interpénètre et s'englobe = 1, tout le
système d'expansion énergétique est égal à 1. Et alors si le fameux PT
se trouve à l'autre bout du système des crottes unifiées par rapport à
PL, il recevra l'énergie transmise par PL qui sera très exactement égale
à VT =1 mais qui aura une autre nature.
Enfin, je ne vois vraiment pas pourquoi vous avez mis autant de temps
pour comprendre un fait aussi simple! C'est sûrement à cause du temps,
essayez de l'éliminer, ça facilite la chose, je vous assure.
Il y a juste un élément, assez important en fait, que j'ai oublié, mais
que vous savez sûrement depuis longtemps: l'énergie est Intelligence et
il n'y a pas que l'homme en ce monde qui en soit doté.
Alors réfléchissez-y... les résultats ne sont pas si aberrants que ça!
Car si j'enlève l'intelligence à l'homme, il me reste quoi? 1 ou 3/4
d'homme? il y en a même qui cherchent leur moitié! Mais où va ce monde?
Liliana
Madame,
Je vous prie sincèrement de ne pas le prendre mal, mais je souhaite que
cette correspondance se termine ici.
Je vous souhaite bonne chance dans tout ce que vous entreprendrez.
Albert Einstein
Monsieur Einstein,
Je ne le prends pas mal, n'ayez aucune crainte.
Bonne chance à vous aussi.
Liliana Vernet |