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Bonjour grand maître de la physique,
Je ne sais pas comment exprimer
l'honneur que cela représente pour moi de communiquer avec vous.
Je suis
un adolescent de quinze ans et je vous aime beaucoup. J'ai un oncle qui est
professeur de physique (au Maroc) et il m'a appris que vous avez dit (je cite):
«tout est relatif et rien n'est absolu». C'est ce que je n'ai pas
compris.
Merci de répondre à ma «stupide» question.
Mohammed
Cher ami,
Il n'y a pas de question stupide, et toute question mérite
d'être posée. Je voudrais aussi profiter de l'opportunité que vous me donnez
pour vous remercier de votre admiration.
Votre oncle est un grand sage,
et je vais vous résumer ce que j'ai voulu dire.
L'espace et le temps
tels que définis dans la mécanique céleste de Newton sont absolus, c'est à dire
immuables. Le temps n'est pas malléable, et est encore moins considéré comme une
dimension. L'espace aussi est absolu, et la mécanique de l'époque décrit ainsi
la gravitation comme une interraction instantanée à distance.
Les
travaux des géants de la physique de la fin du XIXe siècle, pour ne
nommer que Maxwell, Lorentz et Mach, ont permis de commencer à douter de cet
absolu de l'espace et du temps. La Terre n'est plus entourée d'éther, et la
vitesse de la lumière est constante dans le vide. Mes propres travaux sur la
théorie de la relativité ont pour leur part défini un espace-temps à quatre
dimensions, et il s'en dégage le fait que la lumière ait une vitesse limite,
appelée «c», obligeant le temps et l'espace à perdre leur caractère absolu.
Autrement dit, le temps ne passe pas partout à la même vitesse, selon le
référentiel dans lequel on se trouve, de même que l'espace est courbé par la
présence des masses gravitationnelles, comme les étoiles et les planètes,
expliquant ainsi la gravitation.
On dit que l'espace et le temps ne sont
pas absolus, mais relatifs.
Albert Einstein |