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Bonjour monsieur Einstein,
j'avoue avoir été un moment sceptique au sujet
de cette drôle de chose qu'est Dialogus. S'il y a canular, je me demande
vraiment comment cela est possible. En tout cas, j'y crois à cette histoire de
Dialogus et je trouve que c'est une invention géniale. Je n'aurais jamais cru
pouvoir parler à monsieur Albert Einstein.
Je n'ai pas vraiment de
question particulière à vous poser. J'aurais juste voulu discuter un peu avec
vous.
Une petite présentation s'impose: je m'appelle Alexandre, j'ai
quinze ans, je vais passer en seconde générale et je compte m'orienter vers des
études scientifiques. Je m'intéresse beaucoup à l'univers en général, à ce qui
nous entoure, le vide, l'infinité de l'espace, etc. Je trouve fascinant qu'il y
ait une infinité de vide autour de nous, avec, j'imagine, tellement de choses à
découvrir encore.
Puisque je peux parler avec vous et que vous êtes la
première personne à laquelle on pense quand on entend parler de Quotient
Intellectuel (même si je sais que vous n'êtes pas le détenteur du plus gros Q.I.
au monde) ou quand j'entends parler de science et de physique, je souhaiterais
vous parler de quelque chose qui me tracasse. J'aurais voulu être un génie. ça
peut paraître bizarre mais j'ai l'impression de ne pas être assez «intelligent»
(si je puis dire car le terme d'intelligence est vague). J'ai l'impression de ne
pas être capable de raisonner assez loin ou assez vite, de ne pas savoir
envisager toutes les solutions possibles à un problème, pour les éliminer au fur
et à mesure et ne garder que la bonne réponse, ou encore trouver la réponse à
des problèmes compliqués.
Vous allez peut-être me juger immature, mais
tout ça est parti d'un manga (un dessin animé japonais) où l'un des héros est un
détective génial, qui pourchasse un meurtrier qui peut tuer en écrivant le nom
de la victime dans un cahier, et qui est donc difficile à trouver. Le héros est
en perpétuelle réflexion et trouve des solutions très réfléchies.
J'ai
déjà fait un test de Q.I. sur internet en espérant obtenir un bon score et le
résultat a été cent treize. je ne trouva pas cela suffisant. C'est pourquoi
j'aurais voulu vous demander si, même si l'on n'est pas un génie, on peut faire
fonctionner notre cerveau suffisamment pour espérer en atteindre le niveau
intellectuel.
Je voudrais aussi vous dire que j'ai fait votre test -que
seulement deux pour cent de la population peut réussir- et il s'avère qu'en
environ trente minutes (je ne me rappelle plus vraiment) j'ai presque réussi à
le trouver, à une petite faute près que j'aurais vu si j'avais eu le courage de
me relire avant de me précipiter pour savoir si j'avais bon! En effet j'avais
tout bon, sauf une erreur dans une case; croyez-vous que, à cause de cette
erreur de rapidité, je n'ai pas ma place dans ces deux pour cent de la
population? J'ai aussi fait les tests de Q.I. que vous avez donnés, certains
beaucoup plus rapidement que d'autres, ça pouvait varier entre deux-trois
minutes à cinq-dix minutes, mais je les ai tous réussis du premier coup (je suis
allé voir la correction que vous avez donnée à une autre personne).
J'ai
écrit un long texte. J'espère que vous le lirez et que vous trouverez le temps
d'y répondre.
Merci d'avance,
Alex.
Cher ami,
C'est avec beaucoup de joie que j'ai pris connaissance de
votre message. Ma réponse sera assez brève puisque vous ne posez pas une
question précise, comme vous le dites d'ailleurs vous-même. Remercions monsieur
Sinclair Dumontais d'avoir créé Dialogus. Je ne sais comment, mais force est de
constater que cela fonctionne, puisque de toute évidence je suis en train de
vous répondre depuis mon époque, déjà lointaine pour vous, j'en
conviens.
Être un génie; cela est-il vraiment nécessaire pour réussir?
Nous devons bien convenir que non. Vous avez fait preuve d'une grande
persévérance pour réussir mes tests et je vous en félicite. Ne vous en voulez
pas d'avoir commis quelques erreurs dues à l'impatience. Cela n'enlève rien aux
résultats que vous avez obtenus. Je vous invite à continuer à exercer votre
esprit sur de tels tests.
Albert Einstein
Bonjour,
Je suis très étonné que vous ayez déjà pu me répondre; je
pensais devoir attendre une semaine! Merci de m'avoir répondu. Je vous avais
aussi demandé si vous pensez que quelqu'un qui n'a rien d'un génie pourrait, à
force de travail, de rigueur et de temps, égaler un génie.
Je me posais
une autre une question: vous le dites vous-même, vous vous posez des questions
obtues. Alors, en découvrant Dialogus, n'avez-vous jamais essayé de comprendre
son fonctionnement? Dialogus, à l'époque où vous êtes, est révolutionnaire (il
l'est déjà à notre époque). Je sais que cela pourrait avoir un impact sur notre
présent qui est votre futur si Dialogus envoie vraiment des messages dans le
passé... Mais même sans en dévoiler le fonctionnement, ni le prendre en compte
dans vos autres recherches afin que cela n'ait aucun impact, vous n'avez
vraiment jamais cherché à comprendre comment cela marchait, plutôt que de
prétendre que vous ne savez pas comment il est possible de s'envoyer des
messages à travers le temps?
D'autre part, puisque vous nous répondez
(comme toutes les autres célébrités sur Dialogus), cela vous prend de votre
temps, et cela change votre vie; donc, si cela change votre vie, cela devrait
changer notre futur, puisque dans notre passé votre vie ne s'est pas déroulée
comme cela, ne croyez-vous pas?
Je vous remercie d'avance de prendre
et de trouver le temps de me répondre.
Cher ami,
Ne vous en faites pas trop avec cette affaire de génie - non
génie. Affûtez votre esprit, imaginez des problèmes et tentez de les résoudre,
faites des expérience de pensée.
Vous soulevez un point important.
D'abord le temps. Pour une raison que j'ignore, Dialogus ne me prend pas de
temps, et cela en exalte le côté mystérieux. Pour moi, le temps s'écoule
normalement, sauf lorsque je réponds à mes correspondants du futur. Dès que je
reçois une question de Dialogus et que j'y réponds, je me retrouve à Noël 1954,
et c'est le cas pour toutes mes correspondances. Tout cela est tellement étrange
que je doute moi-même à l'occasion que tout cela soit réel. Avec Dialogus, la
relation de causalité est rompue, et je suis le plus ardent défenseur de la
causalité. Aussi, tout ceci n'est-il qu'un rêve.
Je vous serais
extrêment reconnaissant de ne plus me poser de questions sur Dialogus ou son
fonctionnement. Posez ces questions à ses créateurs.
Albert Einstein
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