Cent expériences |
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| Rerebonjour! Je profite de ce troisième message pour vous signaler combien j'ai admiré votre humilité, quand vous avez déclaré: «Cent expériences ne me donneraient pas raison et il suffirait d'une seule pour me donner tort.» Maintenant, j'ai lu qu'au-delà une certaine limite de QI, le sens moral disparaissait. Est-ce donc dire que vous n'en avez pas? Est-ce donc dire que le sens moral est le propre des esprits médiocres? Qu'est-ce que le bien? Qu'est-ce que le mal? Suffit-il de ne pas faire à autrui ce qu'on n'aimerait pas se faire faire? Merci de bien vouloir m'éclairer sur ces considérations existentielles. Bien à vous, Michèle |
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| Madame, En rapport avec la citation que vous m'attribuez, il a dû y avoir une déformation des faits dûe aux journalistes qui l'auront rapportée. Voilà exactement comment les choses se sont passées: En 1932, juste avant que Hitler ne prenne le pouvoir en Allemagne et que je quitte ce pays pour les États-Unis, les nazis ont lancé une campagne contre la «science juive». En effet, à cette époque, en Allemagne, beaucoup de chercheurs étaient juifs. Moi-même et ma théorie de la relativité étions les cibles principales de cette campagne. Un livre a même été édité, portant le titre pompeux «Cent auteurs contre Einstein». Ils devaient mal me connaître. Lorsqu'un journaliste m'a appris l'existence de ce livre, j'ai rétorqué «Pourquoi cent? Si je me suis réellement trompé sur quelque chose, il seul suffirait». Voilà l'histoire. Pour la suite de votre message, je crois pas qu'il y ait une quelconque corrélation entre le QI et le sens moral. La distinction entre le bien et le mal est souvent relative, si vous me permettez ce mot d'esprit. Pour pouvoir juger si une chose est bien et si une autre est mal, il faut parfois un observateur externe. Hitler est convaincu qu'il fait le bien, nous sommes convaincu du contraire. Lorsque je vais à l'Université à bicyclette, si le chien du voisin passe devant moi, je fais attention de ne pas le frapper, pourtant, en chemin, je dois bien écraser cent fourmis. La vie de cent fourmis vaut-elle moins que celle d'un seul chien? Dialogus ne peut-il pas vous mettre en contact avec un philosophe? Je vous conseille Socrate, tiens. Albert Einstein |
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| Merci pour vos éclaircissements. À propos, c'est
justement un professeur de philosophie qui m'avait rapporté cette «citation»
de vous. C'est tout dire! Quant à Socrate, vous pensez bien que je l'ai déjà bombardé de multiples cyber-missives, très cher. Dommage que vous décidiez finalement de vous défiler, car j'éprouvais un réel plaisir à vous lire. À bientôt, donc. Michèle Tremblay |
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| Comme quoi, Madame, même les professeurs peuvent se tromper.
Bien entendu, comme je vous le disais, si la citation s'est déformée
avec le temps, votre professeur n'est aucunement en cause. Je trouve injuste que vous disiez que j'ai décidé de me défiler. Jusqu'à présent, je réponds à toutes les questions qui me sont posées. J'en ai encore quelques-une en suspens mais c'est seulement faute de temps si je n'y ai pas encore répondu. Si vous faites plutôt référence au fait que je ne me suis pas étendu davantage sur le sens du bien et du mal, ou du QI, vous m'en voyez navré, mais je me sens beaucoup plus apte à parler de science que de philosophie. Albert Einstein |
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| Ne vous offusquez pas, car comme je l'ai dit: vous lire est
un réel plaisir. De toute façon, je n'ai plus de question pour l'instant
et je connais peu (très peu) la science. À plus tard, peut-être... |