Première lettre d'acceptation
d'Albert Einstein
à l'Éditeur (1944)
       

       
         
         

Albert Einstein

      Quelle étrange chose que ce Dialogus en vérité. J'étais justement à travailler à ma dernière invention, un générateur d'antiparticules, lorsque s'ouvrit devant moi un continuum espace-temps de forme vortex spiraloïde, duquel jaillit une lettre disant me relier, moi, Albert Einstein, ici même en 1944, à un truc bizarre appelé «Dialogus», en 2002.

L'expéditeur de la missive dit s'appeler Sinclair Dumontais et prétend que je peux dorénavant, grâce au vortex, recevoir de la correspondance du futur, et y répondre en remettant simplement mes réponses dans ce vortex. Du coup, j'ai bien cru que c'était moi qui avait créé ce vortex avec mon générateur, d'ailleurs il est bien possible que ce soit le cas, ce qui voudrait dire que sans moi Dialogus n'aurait jamais existé, et donc que vous ne seriez pas en train de lire ce message. Quel paradoxe en fait!

Bon, quoiqu'il en soit, je veux bien me prêter à cette expérience.

Que vous pensiez que ma plus grande erreur ait été d'introduire la constante cosmologique dans ma théorie de la relativité générale, ou que, comme moi, face à la mécanique quantique, vous êtes d'avis que Dieu ne joue pas aux dés, j'attends avec impatience vos questions d'intérêt ou vos commentaires.

Vous comprendrez que mes travaux me prennent énormément de temps (dans mon propre référenciel spatio-temporel bien sûr), mais je tenterai de trouver quelques minutes (des minutes de 60 secondes faut-il le préciser), pour répondre à vos questions.

Si par aventure il vous prenait l'envie de me transmettre des informations sur l'état de la physique à votre époque, je vous lirais avec intérêt, mais je ne saurais trop vous conseiller la plus grande prudence puisque ces informations pourraient m'amener à effectuer des expériences ayant un impact sur mon futur, donc votre passé, et il est possible alors que vous ne soyez même pas né.