Les trésors polonais
       
       
         
         

jacquesalaincontant@arobas.net

      Monsieur le Premier Ministre,

Comment les trésors polonais se sont-ils retrouvés sous votre garde après la guerre? Au risque de vous scandaliser, il me faut vous dire que votre successeur libéral, M. Lesage, les remettra au gouvernement communiste de Pologne en 1961, mais il vous fera sans doute plaisir d'apprendre que ce gouvernement communiste s'effondrera en 1989 et que les trésors reviendront au Musée de Québec en 2001!

Agréez, Monsieur le Premier Ministre, l'assurance de ma parfaite considération.

Jacques Alain Contant

 

       
         

Maurice Duplessis

      Cher monsieur Contant,

Ça prend plus que ça pour me scandaliser! J'ai toujours dit que les Libéraux étaient complaisants avec les communisses. Ils partagent bien la couleur rouge, n'est-ce pas? Quant à l'effondrement du marxisme-léninisme, c'est aussi prévisible que celui du national-socialisme. Un régime qui adore le Veau d'or ne peut durer que le temps d'une vie. Regardez l'Église catholique: elle dure depuis presque 2,000 ans, malgré des attaques virulentes, comme le brave peuple polonais qui a toujours gardé la foi de ses pères et qui a résisté aux Russes et aux Allemands. Ils méritent un Pape, ces gens-là!

Le gouvernement polonais a évacué ses trésors pendant l'attaque scélérate d'Hitler et ils ont été déposés à Ottawa. Quand le gouvernement -rouge- de King a reconnu les marionettes de Staline installées à Varsovie, le gouvernement légitime catholique de Pologne, en exil à Londres, me les a confiées. J'ai juré à ces admirables patriotes que jamais je ne remettrais ces trésors inestimables et merveilleux à Moscou. D'ailleurs, le 12 janvier dernier, M. Pajuk, chef du vrai gouvernemnt en exil, m'a félicité de ma promesse et m'a promis l'éternelle gratitude de toute la Pologne. Je ne connais pas beaucoup ces gens-là, mais c'est gratifiant, émouvant et réconfortant de recevoir un tel hommage.

Je ne sais dans quelles circonstances les trésors sont revenus, mais elles doivent être agréables si les communistes ont été chassés de Pologne. M. Contant, vous pourrez dire que c'est grâce à moi et à la politique providentielle de l'Union nationale, que ces trésors admirables sont maintenant de retour, et même si je ne les ai jamais vus, ceux qui étaient responsables de leur conservation m'ont affirmé qu'ils étaient non seulement très beaux, mais qu'on s'en occupait fort bien. Mon oeuvre me survivra.

Veuillez agréer, cher monsieur Contant, l'expression de ma vive gratitude et des mes salutations les plus chaleureuses.

Maurice L. Duplessis
Procureur-général et
Premier-ministre de la
Province de Québec.