Les témoins de Jehovah |
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| Monsieur le Premier Ministre, Je vous écris au sujet de ce que les historiens de mon époque appellent «l'affaire Roncarelli», ce restaurateur sur lequel vous vous êtes acharné parce qu'il payait les cautions des Témoins de Jéhovah que vous faisiez mettre en prison. N'avait-il pas le droit d'agir ainsi? Êtes-vous contre la liberté religieuse? Vous lui avez fait retirer son permis d'alcool en disant qu'il nétait pas digne du «privilège» qui lui avait été accordé. Depuis quand le permis d'alcool est-il un privilège? Jacques St-Onge |
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| Monsieur, Comme maître Frank Scott, un des avocats de Roncarelli, le disait à ses étudiants en droit à McGill, tout le monde était de mon avis sur le côté néfaste, dangereux et importun des soi-disants Témoins de Jéhova. Ils attaquaient notre Sainte Mère l'Église, et en tant que Premier ministre du seul gouvernement catholique d'Amérique du Nord j'avais le devoir impérieux de mettre fin à ce désordre. Vendre de l'alcool est un privilège accordé par le gouvernement à ceux qui en sont dignes, comme le fait de conduire une automobile sur la voie publique. On dit bien un permis, non? Or un permis permet de faire ce qui n'est pas permis normalement. Faut avoir l'esprit bien croche pour ne pas vouloir comprendre ça. Bien à vous, Maurice L. Duplessis Premier Ministre et procureur-général de la Province de Québec |