Grève d'Asbestos
       
       
         
         

jochenier@hotmail.com

      Bonjour M. Duplessis,

Ça fait longtemps que je veux vous poser des questions et là je pense que vous avez pas mal de temps pour répondre. J'ai deux questions concernant la grève de 1949.

Premièrement, comment vous êtes-vous senti quand vous avez vu les photos de votre Police provinciale qui a violemment battu les mineurs de l'amiante?

Deuxièmement, comment se sont déroulées les négociations qui ont permis de mettre un terme à la grève, on sait que l'archevêque de Québec est intervenu comme arbitre, mais on sait peu de choses des discussions, il semble que vous ayez appelé les propriétaires de la Johns-Manville et que ça s'est réglé assez rapidement.

Merci de m'accorder du temps même si depuis 1949 mon comté vote rouge, d'ailleurs nos routes n'ont pas été entretenues depuis ce temps...

David Milot

 

       
         

Maurice Duplessis

      Monsieur,

Il est vrai qu'au ciel la vie est plus douce que sur terre, surtout lorsqu'on y a les responsabilités que la Divine Providence et la population de la province de Québec ont bien voulu déposer sur mes bien frêles épaules pendant cinq mandats dont quatre d'affilée.

Je ne me fie ni aux photographies publiées dans les journaux à la solde des ennemis de la province et de la race, ni à ce qu'on peut y lire. Si vous avez vu des ouvriers, ou bien il s'agissait d'agents provocateurs, ou bien d'honnêtes gens manipulés par les agents du communisme international, à l'oeuvre dans le Québec grâce au laxisme d'Ottawa qui laisse rentrer au pays des gens sous l'emprise de Moscou.

Le Devoir et des gauchistes dangeureux comme Jean Marchand et Gérard Pelletier, incapables de se faire élire à ma place, cherchent à soulever la population contre l'entreprise privée, rampart contre le totalitarisme. En 1948, j'ai eu 82 députés contre 8 aux Libéraux. Je sais ce que ne veut pas le peuple de Québec. Je l'ai dit dans le journal Montréal-Matin le 28 mars 1949: tenter de déprécier les lois et l'autorité et encourager le désordre et le sabotage. J'ai été élu pour empêcher cela.

La grève a occupé bien du monde qui ont cherché à la régler. Le tribunal d'arbitrage du juge Thomas Tremblay a fait un beau travail mais le syndicat a été déraisonnable. J'ai même reçu une délégation à mon bureau et je leur ai fait une proposition qui visait à augmenter le salaire selon le coût de la vie. L'union a accepté et la compagnie aussi, après que je lui ai fait comprendre où était son intérêt véritable.

Son Excellence Monseigneur Roy, archevêque de Québec, est intervenu comme arbitre entre notre Créateur dont il est le représentant sur Terre et les parties pour qu'elles entendent raison. Sa médiation a porté fruit.

Si vos routes ne sont pas entretenues, c'est qu'elles n'en ont sans doute pas besoin. Sinon, vous éliriez un député de l'Union nationale pour me dire le contraire. Soit dit en passant, beaucoup de libéraux votent pour le parti que j'ai l'honneur de diriger.

Bien à vous,

Maurice L. Duplessis
Premier Ministre et
Procureur-général
         
         

jochenier@hotmail.com

      Merci M. Duplessis pour cette réponse rapide, admettez avec moi que le progrès, bien qu'il puisse parfois vous paraître quelque peu décadent, a ses avantages. Le courriel est beaucoup plus efficace que Postes Canada. Je ne suis pas toujours d'accord avec vous, mais au moins vous êtes franc et votre pensée se tient.

Bonne journée,

David Milot
         
         

Maurice Duplessis

      Cher Monsieur Milot,

Comme je dis souvent, ce qui traîne se salit.

M.L.D.