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Léa |
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Quel caractère! |
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Excellence,
Toutes les réponses que vous avez bien voulu faire parvenir à vos humbles lecteurs laissent transparaître un caractère «cassant», une sensibilité (très prompte à souligner les paradoxes du genre humain) prête à relever toutes les imperfections des questions posées... Permettez-moi de me jeter dans l'arène en vous posant une question: En a-t-il toujours étais ainsi? Est-ce l'éternité qui a exacerbé votre sensibilité et aiguisé votre caractère? Ou bien étiez-vous déjà comme cela étant humain? De plus, j'ai lu un ouvrage du nom de «Les confessions de Dracula». En êtes-vous l'auteur? Ou bien est-ce encore un imposteur qui aurait emprunté une fois de plus votre nom (désormais plus que révéré par mon humble personne)? En espérant votre réponse (si vous ne vous êtes pas endormi à la lecture de mes laborieuses questions!). Pensées carmines, Léa. PS: en espérant ne jamais partager votre couche froide! Chère Léa, Comme vous êtes mignonne! Avec quel joli petit courage vous «jetez-vous dans l’arène» pour reprendre vos termes! Rassurez-vous, ma tendre, je ne suis pas toujours aussi expéditif, mais il est vrai que certains propos m’agacent profondément. Je reçois, ainsi, un nombre trop important de courriers de niais adolescents qui découvrent que la vie n’est pas aussi rose que le monde préservé de leur enfance et qui souhaitent ardemment qu’un vampire daigne se déranger pour eux! Cette tendance au suicide-spectacle, qui a l’avantage indéniable de permettre à ces pauvres petites créatures de contempler la douleur de leurs proches après leur décès, a un aspect voyeuriste et égocentrique qui me donne la nausée. Fort heureusement, je reçois également des courriers forts intéressants qui me confortent dans le désir de participer au projet Dialogus. Ce caractère tranchant a toujours été le mien. Il est l’apanage de ceux qui n’ont pas besoin de plaire et ma puissance actuelle me donne ce luxe. Mais de mon vivant, j’étais également un maître puisque j’étais voïvode… Et puis, je l’avoue, j’ai toujours eu un caractère difficile: je me sais irritable et condescendant. Cela dérange les autres, paraît-il, mais moi, cela ne me dérange pas, donc… Quant au livre dont vous me parlez, je n’en suis pas l’auteur; je n’en ai d’ailleurs jamais entendu parler jusqu’à ce jour. Sanguinement vôtre, Dracula |
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